La ville de Toulouse, dans le sud-ouest de la France, est devenue au fil des ans un véritable antre pour la délinquance des sans-papiers algériens. Selon une enquête exclusive du journal français La Dépêche, publiée samedi 5 mars, des bandes de jeunes venus de Mostaganem prennent peu à peu le contrôle de la délinquance toulousaine dans la rue et dans les prisons.

La situation sécuritaire à Toulouse, à environ 150 kilomètres de la frontière espagnole, inquiète l'État français au plus haut point. Le trafic de stupéfiants a explosé en 2021 et il implique généralement des sans-papiers algériens, originaires de la ville balnéaire de Mostaganem. Même les policiers s'en alarment et n'hésitent pas à exprimer leur peur. « Ils n'ont rien à perdre et sont capables de tout. Il m'arrive d'avoir peur d'être poignardé lorsqu'il s'agit de les interpeller », affirme un policier municipal interrogé par le journal La Dépêche.

Les Mostaganémois sèment la terreur à Toulouse et les chiffres le montrent bien. La délinquance impliquant des Algériens de Mostaganem a doublé en une année. Les procédures judiciaires contre les sans-papiers de Mostaganem ont aussi doublé en quelques années. 400 procédures en 2016 contre 800 en 2021. Durant l'année 2021, plus de 1000 haraga originaires de la même ville algérienne ont été arrêtés pour vol, agression ou vente de drogue.

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La délinquance comme moyen de survie pour les sans-papiers algériens

Il faut dire que pour les nombreux sans-papiers qui débarquent à Toulouse, la délinquance est un moyen de survie. Leur extrême précarité est avérée et les plus anciens profitent des nouveaux venus pour les faire « travailler ». Les Mostaganémois de Toulouse s'organisent comme un véritable gang. Les plus anciens sont à l'aise avec les derniers arrivés pour deux raisons essentielles. Les nouveaux ne déposeront pas plainte parce qu'ils ont peur d'être expulsés et en matière de délinquance les nouveaux ne sont pas connus de la police et peuvent donc être très rentables pour les anciens devenus de véritables mafieux.

« Dans les années 80, pour gagner de quoi manger ou s’habiller, ces sans-papiers se tournaient vers la vente à la sauvette de cigarettes. Des cartouches achetées en Espagne ou en Andorre à prix cassés. Mais depuis cinq ans, ils lorgnent aussi le trafic de drogue ou les vols à l’arraché, notamment dans le métro », a indiqué un enquêteur au même média.

Le gang de Mostaganem domine les autres groupes de délinquants

En outre, les policiers et autres services de sécurité de la région toulousaine constatent avec inquiétude la domination du gang mostaganémois sur les autres groupes de délinquants. Une domination qui se prolonge jusqu'en prison, après celle qui s'est imposée dans certaines localités de la ville comme Arnaud-Bernard et Saint-Michel. Le fait qu'ils soient des migrants clandestins ne facilite pas la tâche aux policiers.

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« Lorsque nous les appréhendons, ils nous donnent toujours de fausses identités. Ces migrants sont des fantômes qui voient Toulouse comme un Eldorado », fait savoir un policier. Pour ce dernier, des publications trompeuses sur les réseaux sociaux présentent Toulouse comme un Eldorado. Et à Mostaganem, le fantasme est réellement nourri. Mais dès qu'ils arrivent dans cette région des Pyrénées, ils découvrent l'enfer pour tout sans-papiers étranger. Dormir dans des squats, traîner toute la journée dans la rue, désespérer de trouver un travail, voilà de quoi est fait le quotidien de ces nouveaux arrivés algériens.

En fait, selon les enquêteurs de la police, les clandestins algériens prennent des barques de Mostaganem vers Alicante en Espagne. Sur place, ils se rendent vers le nord, à Barcelone ou Lérida, où ils peuvent prendre un taxi clandestin pour traverser la frontière. 150 kilomètres plus, ils sont à Toulouse où soit ils se marient avec des Françaises pour avoir des papiers officiels, soit verser dans la délinquance pour survivre.