En France, la tension monte à quelques jours des élections présidentielles. Les Algériens, les musulmans, les immigrés ont été au centre de débats qui ont souvent débordés, notamment du côté d'Éric Zemmour. D'un autre côté, les islamistes ont profité de ce climat pour inciter à un repli communautaire et également répondre à l'extrême droite. C'est dans ce contexte qu'Idriss Sihamedi, le fondateur de l'ONG dissoute BarakaCity, a proposé d'organiser le départ massif des musulmans de France si Éric Zemmour est élu président.

Le fondateur de l'ONG BarakaCity, dissoute fin 2020 par le gouvernement français, a réagi ainsi aux déclaration d'Eric Zemmour. « Le choix que je vous propose, c'est d'embrasser la culture française. C'est possible. Beaucoup de compatriotes musulmans ont déjà fait le choix de l'assimilation et ceux-là, je le répète, sont nos frères », a déclaré Éric Zemmour. Sur quoi Driss Yemmou, alias Idriss Sihamedi, a écrit sur Twitter : « je propose un truc à Zemmour Éric et je suis sérieux. S'il est élu président, qu'il nous laisse créer une organisation indépendante nous permettant de dégager librement de ce pays en faillite et en pleine crise économique ».

Idriss Sihamedi a ajouté : « La France a ses valeurs nous avons les nôtres. Toutes les interdictions visant les musulmans ne permettent plus de vivre une foi en sécurité. Nous sommes arrivé à un point de non retour. Il faudra tôt ou tard trouver une solution claire à ceux qui refusent l'assimilation ». Les déclarations d'Éric Zemmour et celle du fondateur de l'ONG dissoute BarakaCity révèlent le climat qui caractérise la campagne électorale pour les élections présidentielles 2022.

Zemmour et Idriss Sihamedi : Deux personnages déjà condamnés

Il faut rappeler que le candidat du parti la reconquête a été condamné en janvier 2022 par le tribunal correctionnel de Paris à 10 000 euros d'amende pour « complicité de provocation à la haine raciale ». En 2011, le polémiste a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Paris de « provocation à la discrimination à l'égard d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une race ». En 2019, Éric Zemmour a été reconnu coupable de « provocation à la discrimination et à la haine religieuse ».

Pour sa part, Idriss Sihamedi a été condamné le 16 février 2022 par la cour d'appel de Paris à 5 000 euros d'amende, dont 2 000 euros avec sursis, pour injures racistes envers la journaliste et militante anti-islamiste Zineb El Rhazoui. Quant à l'association BarakaCity, elle a été dissoute fin octobre 2020 et ses fonds ont été gelés. L'ONG BarakaCity a été accusée par le gouvernement « d'inciter à la haine » et de « justifier des actes terroristes » après l'assassinat du professeur Samuel Paty par un jeune islamiste.