« D’après ce qu'on nous annonce, ça va dans le bon sens. Faut pas prévoir à l'avance avant d'avoir la réponse. Avant d'avoir la réponse au sujet de la résidence », c'est ce qu'a chanté le poète de l'exil Slimane Azem depuis des décennies. Une chanson qui nous rappelle que le débat sur l'immigration n'est pas nouveau. Cette chanson nous rappelle également que les immigrés ont de tout temps été stigmatisés en France. Le poète a donc répondu à la droite et l’extrême droite sur ce sujet depuis des années. Éric Zemmour et Marine Le Pen ne font que perpétuer des idées anciennes sur les immigrés.

Le chantre de l'exil, qui a traité des questions sociales et des conditions de vies des immigrés en France par cette chanson qui a eu un grand succès et se positionne dans ce débat qui refait surface à chaque élection. Il affirme donc que la question de immigration n'est pas nouvelle. Depuis des décennies, les immigrés se battent pour avoir la fameuse carte de résidences qui leurs garantit de rester en France.

S'adressant à ceux qui sont tentés par l’expérience, le poète leur conseille de rester chez eux, de « reste tranquille ». « Y a du pain dans ton pays. Tout ce qui te concerne est sujet à des conférences. Chaque ,jour des conférences pour étudier tous les sens », chante Slimane Azem.

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Il expliquait alors que la question de l'immigration a toujours posé problème en France. L'artiste souligne également – avec regret – que le quotidien des immigrés n'est pas rose. « C'est vraiment bien dommage, le racisme et le chômage », a-t-il chanté en soulignant tout de même que parmi les Français existent des humanistes « heureusement qu'il y a des sages, c'est le prestige de la France ».

Les immigrés algériens de tout temps stigmatisés

Slimane Azem met en évidence les souffrances de ces Algériens et les boulots qui leurs sont destinés. « Où y a un travail difficile, c'est l'immigré qui s'en occupe. En plus, avec une petite paye et puis on lui dit tu as de la chance d'avoir la résidence », a-t-il rappelé pour expliquer l'exploitation de cette main d'oeuvre peu coûteuse.

Il souligne également l'omniprésence de cette question dans les médias et les débats : « toujours des conversations ; le chômage, l'immigration. Après les négociations, on attend qu'on nous annonce… chaque fois ça recommence ». Slimane Azem a donc fait un constat sur l'utilisation de la question de l'immigration dans les débats pour se positionner politiquement.

Outré par le traitement subit par ces immigrés, le poète met en évidence leur patience et affirme que leur impact sur la France ne peut être compris que s'ils décident de partir. Un départ qui sera de lourdes conséquences pour la France. Le poète conclut dans cette chanson que les immigrés, contrairement à ce qui se dit, sont venus en France « pour travailler et faire vivre ceux qu'ils chérissent. S'il faut qu'ils partent, il faut subir les conséquences », martèle-t-il encore une fois.

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« Après tout, ça me fera du bien de retourner chez les miens. Je suis un africain, le soleil en permanence… pour moi, ça a de l'importance », clame Slimane Azem à l'intention des détracteurs des immigrés, à qui il rappelle à la fin que « ces immigrés ont combattu pour la France », faisant référence à la première et à la deuxième guerre mondiale, ainsi qu'à celle de l'Indochine.