Le deuxième tour de l’élection présidentielle en France, prévu le 24 avril prochain, opposera le président sortant Emmanuel Macron et la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen. Alors que son statut lui confère une neutralité politique, la Grande Mosquée de Paris a dérogé à la règle en appelant les musulmans de France à voter pour le candidat Macron.

Ce n’est pas une nouveauté. En 2017 déjà, lors du deuxième tour des élections présidentielles, qui avait offert aux Français un choix similaire, la Grande Mosquée de Paris, alors présidée par le recteur Dalil Boubakeur, avait formellement appelé les musulmans de France à voter pour Emmanuel Macron.

En effet, dans un appel signé par son recteur de l’époque, l'institution religieuse avait appelée en 2017 à « voter massivement pour le candidat Emmanuel Macron qui, dans le respect des valeurs républicaines et de l’application stricte des principes de la laïcité, incarne la voie de l’espoir et de la confiance dans les forces spirituelles et citoyennes de la nation ».

Cinq années plus tard, la France se retrouve dans la même configuration politique avec les mêmes candidats qualifiés au deuxième tour, dont le vote est prévu le 24 avril prochain. Les Français sont appelés à choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Et pour la Grande Mosquée de Paris, le choix est déjà fait comme ce fut le cas en 2017. Il s’agit de celui du président sortant.

La Grande Mosquée de Paris appelle à voter Macron, « le choix des valeurs républicaines »

En effet, la Fédération nationale de la Grande Mosquée a appelé, le mercredi 13 avril, à voter pour le candidat Emmanuel Macron au second tour des élections présidentielles qui aura lieu le dimanche 24 avril. La Grande Mosquée de Paris, présidée par le recteur Chems-Eddine Hafiz a publié un bref communiqué sous forme d’une affiche appelant à « voter pour Emmanuel Macron : le choix des valeurs républicaines ».

Le 14 février dernier et à quelques semaine du premier tour de la Présidentielle, Chems-Eddine Hafiz a appelé les Français à s’inscrire sur les listes électorales et à aller voter pour « stopper l’engrenage de la haine ». Sans le dire ouvertement, le recteur de la grande Mosquée de Paris voulait à travers son appel faire barrage aux candidats de l'extrême droite incarnés par Éric Zemmour et Marine Le Pen.

De son côté, le Conseil français du culte musulman (CFCM), qui avait pourtant annoncé son autodissolution, a décidé de ne pas donner de consignes de vote à l’occasion du deuxième tour de la présidentielle. Dans un communiqué publié le 13 avril sur Twitter, le CFCM a appelé les Français « à user pleinement de leur droit de vote et de leur devoir civique pour exprimer leur voix. Nous faisons confiance à leur intelligence collective pour assurer le bien de notre pays et préserver sa cohésion », écrit le CFCM.