Prévues en avril 2022, les élections présidentielles animent les débats en France. Le lundi 14 février, c'est le recteur de la Grande mosquée de Paris qui s'en est mêlé. Dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, Chems-Eddine Hafiz a lancé un appel aux Français de confession musulmane à voter massivement pour barrer la route aux « chantres du racisme ».

La course à l'Élysée est lancée depuis plusieurs semaines en France. La compagne en prévision de la présidentielle bat en effet son plein. Les différents candidats multiplient les sorties au cours desquelles ils tracent les grandes lignes de leurs programmes respectifs. L'immigration constitue un sujet qui revient tel un leitmotiv dans leurs discours. L'extrême droite, notamment représentée par Éric Zemmour et Marine Le Pen ont annoncé la couleur concernant ce dossier. Ces deux derniers ne ratent pratiquement aucune occasion pour fustiger les émigrés et s'en prendre à tout ce qui est « étranger », dont la religion musulmane.

Le recteur de la Mosquée de Paris se mêle de l'élection présidentielle

Zemmour et Le Pen développent ainsi un discours de haine envers les émigrés et les musulmans qu'ils qualifient de tous les noms. Cette haine affichée n'a pas laissé indifférent le recteur de la grande mosquée de Paris, qui s'est exprimé dans une tribune publiée le lundi dans le journal Le Monde.

À lire aussi :  Voici le nouvel ambassadeur de l'Algérie en France

Chems-Eddine Hafiz est sorti en effet de son mutisme. Tout en fustigeant Zemmour et la présidente du RN sans les nommer, il a appelé les musulmans de France à aller voter au mois d'avril prochain « pour sanctionner les chantres du racisme et ceux qui toisent les Français de confession musulmane ».

La référence est clairement faite aux deux candidats de l'extrême droite notamment. « Nous devons montrer que nous pouvons sanctionner les candidats qui fustigent nos compatriotes parce que musulmans », a-t-il encore écrit dans sa tribune.

« Aujourd'hui, je prie pour que nos concitoyens de confession musulmane continuent à vivre comme les enfants d'une République protectrice, n'en déplaise à certains orateurs qui n'ont d'autre compétence qu'une phraséologie polémiste et haineuse. Ces derniers veulent s'installer dans nos esprits au nom de notre sécurité ou d'une identité fantasmée », a ajouté le recteur de la Grande mosquée de Paris.

Et d'enchaîner : « Non, n'est pas politicien qui le prétend. Au mieux, nous avons affaire à des intrus mal intentionnés entrés dans nos vies par effraction. Au pire, il s'agit de mutants porteurs d'une épidémie ravageuse que rien n'arrêtera, pas même le spectacle du chaos et de la désolation ».