L’Espagne, qui est à l’origine de la mésentente avec l’Algérie, suite à son revirement sur l’affaire du Sahara occidental, souhaite un retour rapide des relations diplomatiques entre les deux pays. C’est ce qu’a annoncé, lundi 18 avril, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez.

La crise diplomatique entre Alger et Madrid, née suite à la décision du gouvernement espagnol d’appuyer le plan d’autonomie marocain sur le Sahara occidental, a poussé les autorités algériennes à revoir leurs relations avec leur partenaire du sud de l’Europe. La première riposte des autorités algériennes était le rappel, le 19 mars dernier, de son ambassadeur à Madrid.

Les autorités algériennes, qui reprochent à l’Espagne de renier ses engagements sur la question du Sahara occidentale, ont décidé dans la foulée de revoir leur coopération avec les Espagnols dans le domaine économique et énergétique. Des sources diplomatiques ont annoncé que plusieurs accords entre les deux pays sont remis en cause et seront renégociés. Ces accords touchent essentiellement le gaz, étant donné que l’Algérie est le premier fournisseur de l’Espagne.

D’ailleurs, le gouvernement espagnol a reconnu, par la voix de sa ministre de l’Énergie, que des négociations sont déjà lancées entre les deux pays pour « la révision à la hausse » des prix du gaz fourni à l’Espagne par l’Algérie. L’autre décision prise par Alger a été celle de la restriction de l’importation des bovins depuis l’Espagne.

Le chef du gouvernement espagnol souhaite le retour de l’ambassadeur d’Algérie à Madrid

Des mesures qui ne sont pas faites pour arranger les affaires de Madrid, notamment pour celles relatives au gaz. Dépendant largement du gaz algérien, depuis de longues années, l’Espagne se retrouve subitement contrainte de renégocier ses contrats de livraison de cette matière avec l’Algérie. Une donne qui tombe mal pour les Espagnols surtout en cette période marquée par la guerre en Ukraine et les conséquences qui en découlent en matière d’approvisionnement de l’Europe en gaz russe.

Devant cette situation, le gouvernement espagnol, par la voix de son chef Pedro Sanchez a émis le souhait de voir un « retour rapide » des relations diplomatiques entre son pays et l’Algérie. « Nous espérons pouvoir résoudre ce problème diplomatique dans un court laps de temps », affirme le chef du gouvernement espagnol dans un entretien le 18 avril à la chaine espagnole Antena 3.

Pedro Sanchez a également souhaité que l'ambassadeur d'Algérie en Espagne, Said Moussi, retrouve son poste à Madrid dans « les plus brefs délais », après avoir été convoqué par Alger le 19 mars dernier pour consultation suite à l’annonce du gouvernement espagnol sur le Sahara occidental. Dans le même entretien, Pedro Sanchez a tenu surtout à affirmer que « l'Espagne collabore avec l'Algérie dans d'autres domaines, au-delà de l'énergie, comme la sécurité ou le contrôle des flux migratoires irréguliers ».