La crise diplomatique entre l’Algérie et l’Espagne, née suite au soutien par ce dernier de la « souveraineté » du Maroc sur le Sahara occidentale, a poussé les autorités algériennes à revoir leurs relations avec leur partenaire du sud de l’Europe. C’est le cas notamment de la question énergétique avec la décision de l’Algérie de revoir à la hausse les prix du gaz exporté vers l’Espagne.

Entre l’Algérie et l’Espagne, les relations ne sont plus comme avant. Le changement de la position du gouvernement espagnol concernant le Sahara occidental a poussé l’Algérie à mettre en branle une série de « sanctions » à l’égard de l’Espagne. Au rappel de l’ambassadeur de l’Algérie en Espagne, les autorités algériennes ont poussé le bouchon plus loin en annonçant la révision à la hausse des prix du gaz exporté vers l’Espagne.

Dans une déclaration accordée le 1er avril dernier à l'APS, le PDG de la Sonatrach, Toufik Hakkar, a indiqué qu'il n'excluait pas un « recalcul » des prix du gaz livré à l'Espagne : « depuis le début de la crise en Ukraine, les prix du gaz et du pétrole explosent. L'Algérie a décidé de maintenir, pour l'ensemble de ses clients des prix contractuels relativement corrects. Cependant, il n'est pas exclu de procéder à un "recalcul" des prix avec notre client espagnol », affirme-t-il.

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L’Espagne se résout à payer plus cher le gaz algérien

Moins d’une semaine après la déclaration du PDG de la Sonatrach, le gouvernement espagnol confirme que « l’Algérie augmentera les prix du gaz » qu’elle fournit à l’Espagne. Dans une déclaration le 7 avril à la télévision espagnole TVE, la 3e vice-présidente du gouvernement espagnol et ministre de la Transition écologique, Teresa Ribera, a même indiqué que les négociations sur la question sont déjà entamées entre le groupe algérien Sonatrach et la société espagnole Naturgy.

La ministre espagnole a émis toutefois le vœu que la hausse des prix du gaz livré par l’Algérie « soit modérée ». Tout en écartant dans ses déclarations « tout lien entre la révision à la hausse des prix du gaz algérien et la crise diplomatique » entre les deux pays, Teresa Ribera tenue à préciser que « la négociation se déroule dans un contexte purement commercial ».

L’Espagne dit avoir une « totale confiance » en l’Algérie en matière d’approvisionnement en gaz

La ministre espagnole a lié la nouvelle négociation entre l’Algérie et l’Espagne sur la question du gaz au « nouveau scénario énergétique » international. Pour écarter tout lien politique avec ces négociations sur la question du gaz, la représentante du gouvernement espagnol a même révélé que « Sonatrach a déjà fait part en octobre de ce projet de révision à la hausse des prix du gaz » aux sociétés espagnoles.

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La ministre espagnole, qui qualifie l’Algérie d’un partenaire « fiable », a surtout affirmé que l’Espagne a une « totale » confiance quant au « respect » par l’Algérie de ses engagements en matière d’approvisionnement en gaz. « La relation avec l’Algérie, qui est un pays fiable qui respecte ses engagements, nous semble assurée pour ce qui est de l’approvisionnement en gaz, selon les besoins et dans les conditions que l’Espagne achète depuis longtemps », affirmait-elle.