L'Algérie, par la voix de son ministre de l'Énergie, a menacé ce mercredi 27 avril de « rompre » le contrat de fourniture de gaz à l'Espagne si cette dernière venait à l'acheminer vers la Maroc à travers le gazoduc Medgaz. Une menace qui intervient dans un contexte de crise diplomatique sans précédent entre Alger et Madrid autour du Sahara occidental.

Les tensions entre l'Algérie et l’Espagne, nées du changement de position du gouvernement espagnol vis-à-vis de la question du Sahara occidental, risque de prendre d’autres proportions dans les prochains jours.

Après avoir rappelé son ambassadeur à Madrid, l’Algérie a décidé de prendre d’autres sanctions à l’égard de son partenaire du sud de l’Europe, sans pour autant remettre en cause sa coopération dans le domaine énergétique.

D’ailleurs, le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune, tout en affirmant le 24 avril dernier que le revirement de Madrid sur la question du Sahara occidental était « éthiquement et historiquement inadmissible », a rassuré le peuple espagnol que l'Algérie « ne renoncera pas à son engagement d'approvisionner l'Espagne en gaz, quelles que soient les circonstances ».

Le lendemain, le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Ambarès a qualifié la sortie de Abdelmadjid Tebboune sur la question du Sahara occidental de « polémique stérile ». En réponse, Amar Belani, envoyé spécial chargé de la question du Sahara occidental et des pays du Maghreb au ministère des Affaires étrangères, a qualifié – le jour même – les propos du chef de la diplomatie espagnole de « lamentables et totalement inacceptables ».

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Alors que la guerre des mots entre Alger et Madrid se poursuit à propos de l’affaire du Sahara occidental, une nouvelle donne risque d’envenimer davantage les relations entre les deux pays pour atteindre la coopération dans le secteur de l’énergie. En effet, le ministre algérien de l’Énergie a tout simplement menacé de couper le gaz à l’Espagne si cette dernière « ne respecte pas ses engagements contractuels ».

L'Algérie menace de couper le gaz à l'Espagne

En effet, dans un communiqué publié ce mercredi 27 avril 2022, le ministère de l’Energie a indiqué que « tout acheminement de gaz naturel algérien livré à l'Espagne, dont la destination n'est autre que celle prévue dans les contrats, sera considéré comme un manquement aux engagements contractuels, et par conséquent, pourrait aboutir à la rupture du contrat liant la Sonatrach à ses clients espagnols ».

Le ministre de l'Énergie, Mohamed Arkab, a été informé « ce jour par message électronique, par son homologue espagnole, Teresa Ribera, de la décision de l’Espagne d'autoriser le fonctionnement, en flux inverse, du Gazoduc Maghreb Europe (GME). Selon la ministre espagnole, cette opération interviendra ce jour ou demain », ajoute le communiqué.

Le ministère algérien de l’Energie, qui n’a pas précisé le nom du pays qui bénéficierait de ce fonctionnement en « flux inverse » Gazoduc Maghreb Europe, fait bien entendu allusion au Maroc. Un pays avec lequel l’Algérie a coupé les relations diplomatiques durant l'été 2021, avant de fermer le gazoduc GME qui fournissait du gaz à l’Espagne via le Maroc.