L'Algérie a mis en garde les autorités espagnoles quant à l'inversement du Gazoduc Maghreb-Europe. Selon le journal espagnol El Mundo, lors d'un entretien téléphonique dans la matinée du 26 février 2022, le ministre algérien de l'Énergie, Mohamed Arkab, a fait part à son homologue espagnol, Teresa Ribera, du refus de l'Algérie de transférer le gaz algérien au Maroc.

La même source affirme qu'un haut responsable ayant pris part aux négociations avec les autorités algériennes a déclaré : « Ils nous ont prévenus qu'aucune molécule de gaz algérien envoyée en Espagne ne devait parvenir au Maroc ».

L'Algérie a ainsi réagi au scénario d'inversement des flux du GME entre le Maroc et l'Espagne. Le mercredi 2 février 2022, le ministère espagnol de la Transition écologique a confirmé à l'agence Europa Press qu'il a répondu « positivement » à la demande du Maroc « d'un soutien pour garantir sa sécurité énergétique sur la base de relations commerciales », comme « il convient de le faire avec tout autre partenaire ou voisin ».

Le département dirigé par Teresa Ribera a précisé « qu'en toute transparence, le Maroc pourra acquérir du gaz naturel liquéfié (GNL) sur les marchés internationaux, le décharger dans une usine de regazéification sur le continent et utiliser le Gazoduc Maghreb-Europe (GME) que l'Algérie n'alimente plus depuis fin octobre pour atteindre son territoire ».

Cependant, cette décision espagnole n'a pas pris en considération la position de l'Algérie, qui a suspendu l'exportation du gaz à travers le Gazoduc Maghreb-Europe et qui permettait au Maroc de s'approvisionner en gaz algérien. Ainsi, à la suite de la mise en garde de l'Algérie, l'Espagne a décidé de suspendre cette opération, ajoute la même source.

El Mundo affirme même que le gouvernement espagnol a assuré qu'il n'a jamais eu l'intention de faire passer du gaz algérien à Rabat via le GME. Des déclarations qui contredisent le communiqué du gouvernement espagnol datant du 2 février dernier. Il faut souligner que le contrat gazier entre l'Algérie et l'Espagne stipule dans l'une de ses clauses que l'Espagne n'ouvre pas le droit à revendre le gaz algérien à un pays tiers.