Le scandale d'espionnage avec le logiciel israélien Pegasus continue d'alimenter les débats en Espagne. Le ministre de l'Intérieur espagnol Fernando Grande-Marlaska, espionné grâce à ce logiciel, a défendu le Maroc dans une intervention dans une émission  de la chaîne espagnole Antena 3. Il a affirmé qu'il est inutile de spéculer sur l'entité responsable de cette cybersurveillance.

Ainsi, le ministre espagnol de l'Intérieur confirme la stratégie du gouvernement espagnol, qui consiste à disculper le Royaume marocain, malgré les doutes qui pèsent sur ce dernier. Dans son intervention à la radio, le ministre a au contraire encensé les relations avec le Maroc. Il a affirmé  que ces relations sont « absolument importantes et stratégiques » et a ajouté – en réponse à une question sur l'espionnage avec le logiciel israélien et la responsabilité possible du Royaume chérifien – : « Nous sommes des voisins indéfectiblement fraternels. Nous avons préservé, nous préservons et nous continuerons à préserver nos relations pour le bien de nos sociétés ». « Nous avons entamé une nouvelle relation du 21e siècle, une relation transparente, importante et nécessaire pour les deux pays », a-t-il martelé en concluant que « les relations bilatérales en matière d’immigration, de sécurité et dans d’autres domaines sont profondes et nécessaires ».

Cette intervention du ministre espagnol parvient quelques jours après la demande du député espagnol du parti Ciudadanos (parti de la citoyenneté), Jordi Cañas Pérez, à la commission sur Pegasus du parlement européen d'inclure le Maroc dans son enquête. Une demande qui a reçu l'aval de ladite commission. Le député a expliqué dans sa lettre que l'espionnage dont a été victime le ministre de l'Intérieur semble « indiquer que Rabat a également utilisé le logiciel-espion pour cibler plus de 200 numéros de téléphone espagnol ».

Il faut dire que devant l'ampleur que prend ce scandale, le Premier ministre espagnol devra comparaître devant le congrès le 25 mai pour répondre aux questions des députés qui ne sont pas convaincus de la stratégie du gouvernement qui fait tout pour disculper le Maroc. Il faut souligner que le téléphone du ministre de l'Intérieur a été la cible d'un vol de données. En effet, après analyse des téléphones de tous les ministres, l’exécutif avait révélé au début de ce mois de mai que le téléphone du ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska avait lui aussi été espionné l'an dernier à l'aide du logiciel israélien Pegasus.