Les tenants et aboutissant de l'affaire d'espionnage avec le logiciel d'espionnage israélien Pegasus, dont le Maroc est accusé, n'a pas encore livré tous ses secrets. Plusieurs mois après sa divulgation, l'affaire continue d'alimenter les débats. Le Maroc nie son implication et demande des preuves. De leur côté, les ONG persistent et signent, allant jusqu'à affirmer que le Maroc continue d'utiliser ce logiciel.

Ainsi, le Maroc demande à Amnesty International de fournir des preuves de son rapport selon lequel Rabat a utilisé le logiciel espion Pegasus de fabrication israélienne pour surveiller des journalistes, des hommes politiques, des activistes et des militants ; y compris la militante sahraoui Aminatou Haidar.

Le Royaume chérifien continue donc de nier les accusations portées contres ses services ; le Maroc nie avoir utilisé le logiciel espion et rejette un rapport du groupe de défense des droits de l'Homme Amnesty international. Le Département interministériel des droits de l'Homme du gouvernement marocain qualifie les déclarations d'Amnesty d'« accusations arbitraires ».

Le rapport accablant d'Amnesty International sur le Maroc

Le Maroc réagi ainsi au rapport d'Amnesty publié y a une semaine. Amnesty avait affirmé qu'« une éminente militante des droits humains au Maroc a été la cible du logiciel espion Pegasus de la société NSO Group ces derniers mois ».

L'ONG a indiqué que « l’analyse réalisée par le Security Lab d’Amnesty international a conclu que deux téléphones appartenant à Aminatou Haidar, défenseure sahraouie des droits humains, ont été ciblés et infectés tout récemment, en novembre 2021, quelques mois seulement après les révélations du Projet Pegasus qui ont choqué le monde entier ».

La  directrice adjointe d’Amnesty Tech a déclaré que « le fait qu’Aminatou Haidar ait été prise pour cible par le logiciel espion Pegasus il y a quelques mois seulement prouve une nouvelle fois que des entreprises comme NSO Group continueront de favoriser des violations des droits humains tant qu’elles ne seront pas dûment réglementées ».

Amnesty appelle à ce que « NSO Group doit rendre des comptes pour son rôle dans le fait qu’Aminatou Haidar a été prise pour cible par son logiciel, tout comme d’autres militant(e)(s) courageux au Maroc et au Sahara occidental ».

Les enquêtes sur Pegasus et l'implication du Maroc piétinent

Il faut souligner que depuis l’éclatement du scandale, les commissions d’enquêtes mises en place dans différents pays n'ont pas rendu leurs conclusions.

En France, notamment, ces commissions d'enquêtes n'ont abouti à aucune résolution. Ces faits démontrent l'indulgence de la France envers le Maroc. Un élément souligné par les avocats des ONG qui s'interrogent pourquoi le Maroc ne répond pas devant la justice française sur les accusations d'espionnage.

En Europe, au début de ce mois de mars, le Parlement européen a affiché son intention d'en savoir plus sur l’usage qui est fait des logiciels espions les plus intrusifs. Les chefs de groupes ont donné leur feu vert à la mise en place d’un vrai travail d’enquête, notamment en ce qui concerne le logiciel Pegasus.