Comme chaque année, des milliers d'étudiants de pays francophones – dont l'Algérie – déposent leurs demandes de visa pour suivre des études au Canada. Une démarche qui devient de plus en plus compliquée, en raison du rejet massif qu'essuient les demandes de visas émanant des étudiants africains, pour des « préjugés raciaux ». C'est ce que révèle un récent rapport du Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration au Canada.

Considéré comme une destination préférée de nombreux étudiants algériens, le Canada – plus particulièrement la région francophone du Québec – ne semble plus aussi accueillante pour les étudiants en provenance des pays de l'Afrique francophone. Le taux de refus des demandes de visas d'études a atteint de proportions alarmantes, selon des chiffres officiels rendus publics par des organismes canadiens.

En effet, dans un rapport publié par le Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration, repris le 4 juin 2022 par le média Radio Canada, la majorité des demandes de visas d'études au Canada en provenance des pays africains, notamment de l'Algérie, essuie un refus. « La proportion de rejet, pour des étudiants en provenance de l'Algérie, de la République démocratique du Congo, du Togo, du Sénégal ou encore du Cameroun peut avoisiner ou dépasser les 80 % », révèle le rapport.

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Canada : Le refus des visas pour les étudiants africains serait lié à des « préjugés raciaux »

Le Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration explique, dans son rapport adressé à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), que ce taux élevé de refus de demandes de visas aux étudiants africains serait d'ordre racial. « Les décisions des agents de visas d'IRCC pourraient être teintées par des préjugés raciaux »,  indique en effet ce rapport.

Devant cette situation, le Comité permanent de la citoyenneté et de l'immigration réclame des changements d'envergure à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada. Faute de quoi, « ces étudiants de l'Afrique francophone pourraient être tentés d'aller ailleurs, comme en France, qui livre une forte concurrence au Canada pour attirer des étudiants francophones », note le rapport.

À ce propos, « la publication de données sur les résultats des formations antiracistes et anti-oppression entreprises par le ministère devrait être faite », suggère ce comité. Ce dernier demande aussi à Immigration Canada de « fournir un plan détaillé en vue de favoriser l'atteinte des objectifs d'immigration francophone et de remédier à la pénurie de main-d'œuvre qui sévit au Canada, y compris au Québec ». Une directive « devrait aussi être envoyée à tous les bureaux canadiens des visas pour leur rappeler les obligations du gouvernement fédéral en matière d'immigration francophone », ajoute le même rapport.