Aussitôt décidé, aussitôt fait. La crise diplomatique entre l'Algérie et l'Espagne s'est accentuée le mercredi 8 juin, avec la décision d'Alger de suspendre le traité d'amitié avec le Royaume ibérique. Quelques heures à peine après cette décision, les banques et les établissements financiers ont été saisis pour agir dans le sens de cette décision.

En effet, dans une correspondance datée du 8 juin, le Délégué général de l'Association professionnelle des banques et des établissements financiers (ABEF), Rachid Belaïd, a demandé aux directeurs généraux des établissements bancaires et financiers de geler les domiciliations bancaires des opérations commerciales en lien avec l'Espagne. Le gel demandé aux patrons des banques doit débuter ce jeudi 9 juin, selon la correspondance de l'ABEF.

« Suite à la suspension du traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération avec le Royaume d’Espagne, il vous est demandé de procéder au gel des domiciliations bancaires des opérations de commerce extérieur de produits et services, de et vers l’Espagne, et ce, à compter du jeudi 09 juin 2022 », a indiqué le délégué général de l'ABEF dans sa lettre aux responsables des banques et aux établissements financiers.

Dans la même missive, il est demandé que la mesure soit appliquée de façon stricte. « À ce titre, j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir instruire vos services concernés, à l’effet de prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’application stricte de cette mesure », a ajouté le patron de l'ABEF dans la même correspondance.

Les relations entre l'Algérie et l'Espagne se détériorent

Depuis la volte-face opéré en mars par le gouvernement de Pedro Sanchez dans le dossier du Sahara occidental, les relations algéro-espagnoles se sont vite détériorées. Le gouvernement socialiste a subitement changé de position pour soutenir le plan marocain d'autonomie alors que le dossier est toujours sur les bureaux des Nations unies. L'ambassadeur d'Algérie à Madrid a été rappelé et des restrictions ont été décidées par les autorités algériennes à l'égard du Royaume d'Espagne.

Cette crise entre les deux pays a amené l'Algérie à ouvrir des négociations dans le but d'augmenter le prix du gaz livré à l'Espagne. Les relations se sont de nouveau détériorées le mercredi 8 juin après la décision algérienne de suspendre le Traité d'amitié, de bon voisinage et de coopération, conclu en octobre 2002. Et tout porte à croire qu'elles vont poursuivre leur dégradation jusqu'à trouver un accord entre les deux parties ou avoir un nouveau gouvernement qui va remettre en cause la nouvelle position de l'Espagne.