Une famille algérienne menacée d'expulsion se bat pour rester en France. Les deux parents et leurs quatre enfants en bas âge, visés par une OQTF émise par la préfecture du Pas-de-Calais, ont fait l'objet d’une grande solidarité de la part des résidents de Calais et ses environs. Une pétition a même été lancée le 23 juillet sur les réseaux sociaux.

La famille Tizgha, d’origine algérienne, est menacée d’expulsion par la préfecture du Pas-de-Calais depuis octobre dernier. « Miloud et Ouda […], ainsi que leurs quatre enfants, Mohammed, Islem, Mounir et Zakaria, vivent en France depuis plus de 5 ans. Ils y ont leurs activités, leurs formations, leurs engagements, leurs amis. Ils ont toute leur vie en France et se battent pour y rester », écrit le Collectif de soutien à la famille Tizgha.

Le père de la famille a travaillé près d’un an pour la mairie de Calais, de 2019 à 2020. Il est également membre de l’association « Entente Calais », où il est entraîneur, arbitre et joueur. Miloud et sa femme Ouda ont été engagés aux Restos du Cœur, à la Croix rouge et au Secours catholique auprès des personnes les plus démunies, notamment pendant la pandémie de covid-19. Récemment, ils ont suivi une formation pour devenir médiateurs et interprètes à l’université de Lille 2.

Pas-de-Calais : Une pétition en ligne pour annuler l'expulsion de la famille algérienne

De leur côté, les garçons de la famille sont tous scolarisés à Calais. L’ainé, Mohammed, âgé de 13 ans, brille à l’école et a le soutien de ses enseignants. Le petit dernier, Zakaria, âgé de 4 ans et né en France, porte une maladie rare, une hyperphenylalaninémie, qui requiert un suivi médical lourd et un régime alimentaire adapté. Ce suivi ne serait pas possible en Algérie, écrit le Collectif de soutien à cette famille. C’est à ce titre que la famille a d'abord pu rester régulièrement et avec un titre de séjour en France, précise-t-on.

Seulement, en octobre dernier, le renouvellement de leur titre de séjour a été refusé par la préfecture du Pas-de-Calais. La famille fait donc l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Les parents sont désormais obligés de pointer deux fois par semaine, mardi et jeudi matin, au commissariat dans le cadre de l’assignation à résidence accompagnant l’OQTF. « Ce fut un choc, une humiliation, une source d’inquiétude immense », assure le collectif de soutien à la famille Tizgha.

Une pétition en ligne[1]Monsieur le Préfet du Pas-de-Calais, régularisez la famille Tizgha a été lancée par ce collectif réunissant élus et habitants en fin de semaine dernière. Baptisée « Monsieur le Préfet du Pas-de-Calais, régularisez la famille Tizgha », la pétition compte déjà plus de 2000 signatures. « Aujourd’hui, nous demandons au préfet du Pas-de Calais d’annuler l’obligation de quitter le territoire français remis à la famille et de leur remettre dans les plus brefs délais un titre de séjour vie privée et familiale », écrit le collectif. « La famille Tizgha fait partie de notre communauté, ils veulent rester en France et à leurs côtés, nous le voulons aussi ! » ajoutent les initiateurs de la pétition.