L'Algérie est à nouveau au centre des préoccupations de plusieurs membres du Congrès des États-Unis d'Amérique. Accusée de soutenir la Russie par le simple fait de lui acheter des armes, l'Algérie a fait, le 30 septembre 2022, l'objet d'une correspondance assez virulente.

En effet, dans une lettre qui est la deuxième du genre, les 27 membres du Congrès des États-Unis ont envoyé une lettre au secrétaire d'État Anthony Blinken, exigeant des sanctions contre le gouvernement algérien pour des contrats d'armement avec la Russie. Les législateurs étasuniens se sont dits préoccupés par ce qu'ils ont décrit comme des « liens croissants entre l'Algérie et la Russie ». Ils ont cité des rapports selon lesquels l'Algérie avait signé l'année dernière (soit bien avant l'invasion de l'Ukraine) « des contrats d'armement avec la Russie, d'une valeur de plus de 7 milliards de dollars ».

Des avions et un système de défense aérienne acquis par l'Algérie seule

Les membres du congrès, en guise de détails, ont noté que parmi tous ces contrats se trouvait « la vente par la Russie à l'Algérie d'avions de combat Su-57 avancés, que la Russie n'a vendu à aucun autre pays ». Les législateurs américains, à la lumière de toutes ces accusations, ont appelé à la mise en œuvre de la loi sur la lutte contre les adversaires des USA par le biais de sanctions (CAATSA), adoptée par le Congrès en 2017. Ils ont rappelé que la législation « ordonnait au président américain d'imposer des sanctions aux personnes qui s'engagent intentionnellement dans un traitement important avec quelqu'un qui fait partie, travaille pour ou au nom des secteurs de la défense ou du renseignement du gouvernement russe ».

Aucune réaction officielle de la part d'Alger

Rappelons que c'est la deuxième fois que l'Algérie est accusée de constituer un soutien indirect à la Russie. Le sénateur républicain Marco Rubio a déjà envoyé une lettre au secrétaire d'État américain Anthony Blinken pour demander des sanctions contre l'Algérie, l'accusant, à l'instar des 27 parlementaires, d'être « l'un des plus gros acheteurs d'armes militaires de la Fédération de Russie ». L'appel du sénateur américain, datant du 15 septembre 2022, s'inscrit, selon lui, dans le contexte des actions menées par les États-Unis et l'Europe pour isoler la Russie. Et tout comme les 27 parlementaires, Marco Rubio – que l'on dit proche du Maroc – s'était inquiété du fait que l'Algérie ait acquis le Sukhoi 57. Aussi, l'Algérie, selon lui, est le premier pays à obtenir le système de défense aérienne S-400 de la Russie, un système que le pays d'Afrique du Nord acquiert depuis 2014.

Il est à noter que l'Algérie, troisième sur la liste des clients les plus importants de la Russie, n'a pas, pour le moment, réagi aux accusations dont elle fait l'objet. En effet, aucun officiel algérien n'a répondu à Marco Rubio, dont l'accusation remonte à plus de deux semaines, ni celles, plus récentes, des 27 parlementaires.