Les organisateurs du Festival du Boulevard des jeunes musiciens (L'Boulevard), qui a débuté dans la soirée du vendredi 30 septembre à Casablanca, au Maroc, ne s'attendaient probablement pas à une affluence record. Et surtout, ils ne pouvaient pas deviner que la manifestation allait être la cible d'une bande de délinquants qui auraient agressé des présents et même violé des femmes.

Selon le média marocain Bladi.net, le concert des rappeurs Mobydick, Dollypran et El Grande Toto a tout simplement viré au cauchemar. Le terrain de rugby du Racing universitaire de Casablanca (RUC), où était programmée la manifestation artistique, a enregistré des scènes de violence alors que des femmes ont affirmé avoir été violées.

Selon la même source[1]Viols, agressions… : grand « dérapage » à un concert de rap à Casablanca, Bladi, l'affluence était tellement forte que le terrain était déjà plein à craquer plusieurs heures avant le début du concert. Si forte que des débordements ont été signalés au niveau des deux accès que les organisateurs finiront par fermer à 20 heures. 20'000 personnes étaient à l'intérieur de l'enceinte alors que 60'000 autres étaient restées à l'extérieur, selon les estimations du co-directeur artistique du festival interrogé par le média marocain.

C'est justement après la fermeture de ces accès que les scènes de violence ont démarré, selon le même article publié ce dimanche 2 octobre. Des témoins affirment avoir été agressés par des individus armés de sabres, alors que des femmes signalent des attouchements dont elles ont été victimes. « Un individu a brandi une arme blanche et m'a sommé de lui remettre tout ce que j'avais sur moi. Il m'a dit que si on n'exécutait pas ses ordres, il allait nous tuer. Nous lui avons donné nos deux portefeuilles, notre iPhone, nos montres… Il a tout pris », a raconté un spectateur de Marrakech accompagné de son épouse.

Les organisateurs du spectacle demandent l'ouverture d'une enquête

Pour un autre spectateur qui a témoigné, « dès qu'ils voyaient une fille seule, non accompagnée, ils se permettaient de la toucher. Je n'avais jamais vu ça de ma vie. Ce terrain ne pouvait pas contenir tout ce monde, il aurait fallu un espace plus grand ».

Le co-directeur artistique du festival, Mohamed Merhari, dit avoir été surpris par l'affluence. Il réfute la responsabilité de ces incidents. Pour lui, ils ne sont imputables ni aux organisateurs ni aux agents de la police. « Ce qui s'est passé est le fait d'une bande qui n'a rien à voir avec la musique et qui n'est pas venue pour écouter de la musique ou pour danser, mais pour voler, casser, agresser, créer le chaos… il y a eu une trentaine de blessés… », a-t-il estimé. Les organisateurs du festival ont rendu public un communiqué à la suite des témoignages, notamment de viols. À ce titre, ils ont demandé l'ouverture d'une enquête pour élucider cette affaire.