Demain, le 10 octobre 2022, la Première ministre française, Élisabeth Borne, se rendra en Algérie à la tête d’une délégation de 16 ministres[1]16 ministres français débarqueront à Alger avec Élisabeth Borne. C’est dire que beaucoup de sujets seront abordés, dans beaucoup de domaines, y compris ceux qui fâchent à l’instar des visas sur lesquels elle est très attendue.

Dans un entretien accordé au média algérien TSA, publié ce 9 octobre, la Première ministre française a clairement défendu la politique que la France a adoptée en matière de visas. Chiffres à l’appui, elle a même déclaré que certaines catégories d’Algériens, à l'instar des étudiants, sont privilégiées pour l'obtention de visas.

Visas pour la France : les étudiants privilégiés ?

« Le nombre de visas d’étudiant délivrés n’a cessé d’augmenter, même pendant la période de fermeture des frontières générée par la pandémie, passant de 5288 en 2019 à 7717 en 2021, soit une hausse de 45 % », a déclaré Élisabeth Borne. Et d’ajouter : « À la fin du mois d’août 2022, nous avions déjà délivré plus de 5000 visas à des étudiants. Les étudiants algériens sont plus de 29'000 en France, c’est 8 % du total des étudiants étrangers : l’Algérie est deuxième en nombre d’étudiants en France, devant la Chine, l’Inde et l’Italie qui représente le premier contingent européen ».

Sur un plan global, la Première ministre française a estimé que la France a délivré des visas en quantités appréciables aux Algériens, expliquant que « contrairement à ce qu’on entend souvent, la France n’a pas cessé de délivrer de visas aux Algériens, puisque plus de 85'000 visas ont été délivrés cette année au 31 août, alors que les conditions de circulation étaient encore contraintes par la crise sanitaire ».

Élisabeth Borne a, par ailleurs, assuré que la France discute « avec les autorités algériennes pour faire en sorte que la coopération en matière migratoire soit plus fluide et plus efficace », car, ajoute-t-elle, « le renforcement des mobilités légales et le découragement des mobilités illégales ne peuvent qu’être un intérêt partagé ».

La France veut augmenter les capacités d'exportation de gaz de l'Algérie

Au sujet du gaz algérien sur lequel elle a été interrogée par TSA[2]Entretien avec la Première ministre française Elisabeth Borne, TSA, Élisabeth Borne a décalé que la France souhaiterait « continuer à développer » le « partenariat dans ce secteur avec l’Algérie, notamment en matière de GNL, et pour accroître l’efficience de ses capacités de production gazière, ce qui permettra d’accroitre d’autant ses capacités d’exportation vers l’Europe ».

La Première ministre française n’a pas omis de mentionner l’intérêt que porte la France aux terres rares algériennes. « Par ailleurs, nous souhaitons aussi développer d’autres partenariats économiques, comme sur les matériaux et les terres rares, dans une perspective de coopération entre nos deux pays. Ici encore, le chemin existe pour des échanges solides et bénéfiques pour l’Algérie comme pour la France », explique Élisabeth Borne.