Le Premier ministre algérien, Aïmene Benabderrahmane, a présidé hier soir à Alger, avec son homologue française Élisabeth Borne, les travaux de la 5e réunion du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN) algéro-français. Intervenant à l'ouverture de cette réunion, Benabderrahmane a évoqué plusieurs sujets, notamment celui relatif aux visas et à l’expulsion des sans-papiers algériens en situation irrégulière en France.  

Les questions inhérentes à la circulation des personnes reviennent à chaque fois au-devant de la scène dans les relations entre l’Algérie et la France. C’était à nouveau le cas, hier 9 octobre 2022 à l’occasion de la tenue à Alger de la 5e CIHN algéro-français ; une réunion présidée par le Premier ministre algérien, Aïmene Benabderrahmane, et son homologue française, Élisabeth Borne.

Le dossier de l’octroi des visas par la France abordé par le Premier ministre

Dans sa déclaration à l’ouverture des travaux de cette réunion, le Premier ministre algérien a abordé la question de l’octroi des visas par la France aux ressortissants algériens ainsi que le sujet brûlant de l’expulsion des sans-papiers algériens du territoire français. Deux sujets qui continuent d’animer les débats dans les deux pays et qui constituent souvent des sources de divergences entre les deux États. La décision du gouvernement français, l’automne dernier, de réduire de moitié le nombre de visas accordées aux Algériens en est la parfaite illustration[1]La France sanctionne l'Algérie et réduit le nombre de visas Schengen aux Algériens.

Le Premier ministre algérien a indiqué dans son discours que l’Algérie et la France sont appelées « à relancer le dialogue autour des questions inhérentes à la circulation des personnes, à la migration et à la réadmission des personnes, conformément à la Déclaration d'Alger, dans un climat empreint de confiance et de pragmatisme ».

« Je pense que vous conviendrez avec moi que cet aspect reste essentiel au vu du niveau stratégique que nous voulons donner aux relations entre nos deux pays », lance Aïmene Benabderrahmane à l’adresse de son homologue française, Élisabeth Borne. Et d’ajouter que la déclaration d'Alger « permettra d'identifier les traits d'une plus grande coopération dans ce domaine, en favorisant la circulation des personnes entre les deux pays au profit de certaines catégories, mais cette ouverture devra être généralisée pour faciliter les rencontres entre les familles des deux pays ».

L'Algérie va-t-elle reprendre ses migrants sans-papiers ?

Le Premier ministre algérien a affirmé que « le partenariat exceptionnel auquel aspirent l'Algérie et la France ne doit pas se heurter à des difficultés qui seraient facilement surmontables, comme l'octroi de visas et la question du plan de sécurité réalisé par les autorités françaises, lequel ne reflète nullement la réalité de l'Algérie d'aujourd'hui ».

Évoquant la question de l’accueil des sans-papiers algériens expulsés par la France, le Premier ministre a tenu à rassurer son homologue français quand à la volonté de l’Algérie de lutter contre l’immigration clandestine : « nous vous assurons de notre détermination à travailler ensemble sur ces questions, car l'Algérie, malgré la crise sanitaire, a toujours fait preuve d'une réelle volonté de lutter contre le phénomène de l'immigration clandestine à travers son engagement sans faille sur cette question », affirme Aïmene Benbedrrahmane.