Mohammed VI en Algérie ? Quelque trois semaines nous séparent du Sommet de la ligue arabe. Les invitations ont été envoyées et, pour la plupart, l'Algérie a reçu des confirmations de participation. Sauf peut-être une : celle envoyée au roi du Maroc qui, jusqu'à présent, reste de marbre.

Le 27 septembre 2022, le ministre algérien de la Justice, Abderrachid Tebbi, a remis l'invitation officielle du chef de l'État algérien Abdelmadjid Tebboune au roi du Maroc Mohammed VI[1]Le ministre de la Justice au Maroc pour remettre l'invitation de Abdelmadjid Tebboune à Mohammed VI. Et deux semaines après avoir reçu cette invitation, ce dernier n'a toujours pas réagi. L'émissaire chargé de délivrer le message du Président algérien avait transmis son message au ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita. La rencontre des deux responsables, algérien et marocain, est la première du genre depuis la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, intervenue le 24 août 2021[2]L'Algérie rompt les relations diplomatiques avec le Maroc.

Refus de Mohammed VI ? La crise entre le Maroc et l'Algérie pourrait s'empirer

À la lumière de cette crise et vu le poids des deux pays sur l'échiquier politique « arabe » et international, la participation du monarque marocain au Sommet de la Ligue arabe revêt une importance particulière. Il est aussi à noter que l'accélération des évènements de ces derniers mois donne à la question de cette participation (ou la non-participation) tout son sens.

En effet, entre l'Algérie et le Maroc, en plus du fait que les relations diplomatiques soient au point mort, des risques d'enveniment sont tout à fait plausibles. Des questions, dont les ramifications, mêmes lointaines, peuvent constituer davantage des raisons de désunion – ou d'union. L'on peut citer, en guise d'exemple, les relations des deux pays avec l'Espagne, qui dépendent grandement des humeurs des frères ennemis. Aussi, leurs relations avec la France qui sont rythmées aux mêmes humeurs.

Dans ce contexte, la participation de Mohammed VI à cette rencontre constituera probablement une tentative de rapprochement. Une non-participation, en revanche, prouvera que des efforts doivent encore être fournis pour que les deux « frères » retrouvent le chemin de la réconciliation.

Il faut rappeler que depuis la rupture des relations diplomatiques en août 2021 et la fermeture des frontières aériennes par Alger un mois plus tard, plus rien ne va entre le Maroc et l'Algérie. Certains voient dans le Sommet de la Ligue arabe une occasion de rompre la glace, quand d'autres pensent que le roi du Maroc, connu pour un orgueil « royal », ne franchira pas le pas.