Les pays de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) sont demandeurs de main-d’œuvre. Dans certains de ces pays, l'on parle même de pénurie qui risque de pénaliser des segments entiers de leurs économies. Et l’immigration de travail, qui a enregistré une nette augmentation durant l'année 2021, en est, sans doute, l’une des solutions à long terme.

En effet, après une baisse record en 2020, la migration permanente vers les pays de l'OCDE a atteint 4,8 millions d’entrées en 2021, ce qui a été considéré comme une bonne nouvelle pour des pays manquant de main-d’œuvre, comme la France. « Après une année 2020 de baisse record des flux en raison de la pandémie de Covid-19, la migration permanente vers ces pays a rebondi de 22 % en 2021 », a indiqué l'organisation économique dans son rapport annuel consacré aux migrations internationales.

Des besoins de main-d'œuvre à tous les étages

« Il y a un besoin de main-d’œuvre à tous les étages, notamment dans les emplois précaires où on a des pénuries, comme dans la restauration ou la construction », a commenté un responsable de l’OCDE. Ces pénuries font, d’ailleurs, que « sept immigrés sur dix ont un emploi », selon le même rapport qui a été publié le 10 octobre 2022.

Cette inversion de tendance est « due à un fort rebond de l’activité économique, à la réouverture des frontières, à l’augmentation des besoins de main-d’œuvre et à la reprise des délivrances de visas », estime le directeur de l’emploi, du travail et des affaires sociales Stefano Scarpetta, cité dans le rapport. Par ailleurs, la courbe devrait se prolonger en 2022, année marquée par la guerre en Ukraine, prévoit la même organisation.

Immigrés, une aubaine pour les pays développés, assure l’OCDE

« Avec l'accélération des mouvements en 2021, les flux migratoires flirtent désormais avec les niveaux préCovid sans les atteindre : entre 2017 et 2019, 5,3 millions de personnes en moyenne étaient entrées chaque année dans les pays de l’OCDE », ajoute le rapport. Et de détailler : « l'an dernier, les États-Unis ont conservé leur rôle de locomotive en accueillant 834 000 personnes, soit 43 % de plus qu’en 2020. Dans l’ensemble des pays, c’est l’immigration de travail qui a tiré la reprise, avec une augmentation de 45 % de ces entrées sur un an, soit 750 000 travailleurs immigrés supplémentaires (dont 300 000 dans l’Union européenne), le plus haut niveau depuis une décennie ».

Selon le professeur d’économie Lionel Ragot « les immigrés ne sont ni un fardeau ni une aubaine pour les finances publiques ». L’OCDE estime que dans tous les pays, la contribution des immigrés est supérieure aux dépenses consacrées à leur protection sociale, leur santé et leur éducation.

France : pénurie de main-d'œuvre dans les emplois précaires

Le rapport a révélé que « dans près de la moitié des pays de l’OCDE, les immigrés ont retrouvé ou dépassé le niveau d’emploi d’avant-crise ». Et la France fait partie de ces pays, avec un taux d’emploi de 61 % (+1,3 %). « Les signaux sont orientés dans le bon sens en France, avec un taux d’emploi à un niveau élevé. Il y a un besoin de main-d’œuvre […], notamment dans les emplois précaires où on a des pénuries, comme dans la restauration », commente Jean-Christophe Dumont, chef de la division Migration de l’OCDE. Ce dernier relève, en outre, que la France est « un des rares pays où les femmes immigrées ont vu leur nombre d’heures travaillées augmenter ».

Enfin, l'organisation économique estime que « le fort rebond de l’immigration de travail coïncide avec les besoins de main-d’œuvre du moment, en particulier dans l’agriculture, le tourisme ou encore le BTP et les services à la personne, ce qui a forcé de nombreux États à faciliter les déplacements pour motifs de travail et signer des accords bilatéraux avec des pays tiers ».