La question du port de signes religieux dans les établissements scolaires focalise les débats en France. Des élèves de confession musulmane sont pointés du doigt pour avoir transgressé la loi sur la laïcité interdisant le port de signes religieux dans les écoles. Pire encore, dans une enquête réalisée par BFM TV, un lycéen musulman est allé jusqu'à affirmer que « l'islam, ça passe avant les cours » en évoquant ses prières au sein même de son établissement.

Cette semaine, tous les établissements scolaires de France ont commémoré la mort de l'enseignant Samuel Paty, décapité il ya deux ans à proximité de son école par un terroriste islamiste. La commémoration de ce tragique anniversaire coïncide avec le débat enclenché en France sur le port des vêtements islamiques dans les écoles. Selon le ministre de l'Éducation nationale, cette année, les chiffres des atteintes à la laïcité dans les établissements scolaires en France sont en hausse[1]Abaya et qamis en France : Le port des tenues islamiques à l'école en forte hausse.

Le port des tenues islamiques dans les écoles focalise le débat en France

C'est connu. Lorsqu'on évoque en France les atteintes à la laïcité dans les écoles, cela renvoie automatiquement à l'islam et aux musulmans de France. Depuis la nouvelle rentrée scolaire, plusieurs chefs d'établissements scolaires en France font face à des élèves qui viennent en cours avec des tenues jugées islamiques. Il s'agit notamment de l'abaya, la robe traditionnelle portée par les filles, et du qamis, cette tenue des pays du Moyen-Orient que de nombreux garçons n'hésitent pas à porter pour se rendre à l'école en France.

L'affaire du lycée Joliot Curie de Nanterre en est la parfaite illustration. Ce phénomène, qui ne cesse de prendre de l'ampleur, a suscité une large désapprobation, y compris au sein de la communauté musulmane en France. Dans un communiqué publié le 3 octobre dernier, le Conseil des Mosquées du Rhône (CMR) a réagi à ce qu'il qualifie de « comportements provocateurs et irresponsables » d'une « frange très minoritaire de la jeunesse française musulmane»[2]Tenues islamiques dans les écoles : des comportements « provocateurs » et « irresponsables ».

Dans une enquête qui sera diffusée ce lundi soir à 20 h 45 sur BFMTV, la question du port des tenues islamiques dans les écoles en France sera largement traitée. Intitulée « Voile à l'école : la nouvelle offensive », cette enquête s'est également penchée sur le phénomène des pratiques religieuses dans certains établissements scolaire en France. BFMTV relate l'histoire d'un lycéen âgé de 16 ans qui n'hésite pas à faire sa prière musulmane au sein même de son établissement, alors que la loi l'interdit formellement.

Contourner l'interdit et prier au lycée. Juste cause ou atteinte à la laïcité ?

Dans un extrait publié par BFMTV, on voit un internaute qui n'hésite pas à donner des conseils sur Twitter pour contourner l'interdit sur la pratique de la prière dans les établissements scolaires en France. « J'ai beaucoup de techniques et le lycée n'est pas une raison pour sortir la prière de son temps », écrit-il à l'adresse des lycéens musulmans. « Après les cours et à la sonnerie pour la récréation de 15 heures, courez vers les toilettes et fautes vos ablutions en repassant sur les chaussettes », explique le lycéen.

L'internaute donne même des conseils pour trouver la direction de la Mecque. Cet internaute a accepté de témoigner au micro de BFMTV sous couvert d'anonymat. Il se présente comme un jeune âgé de 16 ans, élève de 1re en région parisienne. Ce jeune lycéen explique qu'il a publié les tweets sur la prière afin d'aider les autres élèves qui sont dans son cas. « Juste qu'ils se cachent comme moi », confie-t-il.

Comment fait-il alors pour faire sa prière dans son établissement ? « Bah, rien. On pose les gilets à la place des tapis de prière, puisqu'on ne veut pas de problème », répond-il. « On fait ça en 5 minutes, vite fait », explique-t-il en avouant qu'ils font la prière à plusieurs, « entre 2 et 4 ». Ce lycéen a-t-il conscience que la pratique de la prière est interdite dans les écoles ? « Oui, on sait », reconnait-il. « Je trouve que l'Islam, ça passe avant les cours, c'est tout », tranche-t-il.

« C'est important. C'est notre religion. Moi je me dis : bizarre, leur laïcité. Quand il y a des sapins de Noël, il ya des vacances pour Noël… il ya des jours fériés pour Noël. Il ya des jours fériés pour Pâques, des vacances pour Pâques. Moi, je veux que la laïcité, ça soit pour tout le monde, pas que pour eux », ajoute-t-il comme pour mieux argumenter son recours à la prière dans son établissement.