Le marché noir des devises en Algérie est un véritable frein pour l'économie algérienne. Ce marché attire des sommes colossales loin de tout contrôle et impacte considérablement le marché officiel. Cet argent n'est pas bancarisé, ce qui handicape les banques algériennes. Depuis plusieurs années, les autorités ont souvent déclaré combattre ce marché, sans que des actions concrètes ne soient entreprises. Parallèlement, des experts ont également lancé des alertes – même la Banque d'Algérie a chargé un groupe d'experts du FMI de mener une étude approfondie du marché parallèle des devises en Algérie[1]Marché noir des devises : Des experts du FMI chargés d'étudier le marché algérien. Récemment, l'ancien ambassadeur d'Algérie en France, Xavier Driencourt, a évoqué ce marché dans une interview accordée à un média français.

En effet, Xavier Driencourt a donné une interview au journal Le Figaro sur plusieurs sujets concernant l'Algérie et la politique étrangère de la France[2]Xavier Driencourt: «Alger refuse de réaccueillir les Algériens qui sont en situation irrégulière en France». Dans le volet des sanctions économiques que la France pourrait appliquer contre l'Algérie, plus précisément sur le transfert de l'argent de la diaspora algérienne vers le pays, Driencourt a expliqué qu'« autant cela peut marcher avec certains pays, autant avec l'Algérie cela me paraît inopérant. Les transferts privés bancaires sont peu nombreux, car le dinar algérien est inconvertible ».

L'ancien ambassadeur explique qu'en Algérie, « il existe un cours parallèle du dinar algérien, il existe un marché noir du dinar paradoxalement "officiel" en Algérie, qui se fait de la main à la main, en espèces ». Et d'ajouter : « vous avez des sites internet qui indiquent la cotation parallèle de l'euro vs dinar ».

Xavier Driencourt indique également que « compte tenu de la forte communauté algérienne ou binationale en France, les transferts d'argent se font principalement dans les arrière-cafés de la Bastille, Saint-Denis ou Marseille. Pas par les banques ou Western Union. C'est un système de compensation privé entre un bistrot algérien et un particulier : je te donne des euros, au taux parallèle, contre des dinars que tu me donneras à Alger quand j'irai en vacances ». À cela, Driencourt pose la question : « Va-t-on contrôler tous les cafés kabyles de Paris ? Soyons sérieux ». L'ancien ambassadeur préconise donc, pour faire pression, sur l'Algérie d'actionner le levier des visas.