Le phénomène de l'immigration clandestine a pris de l’ampleur ces dernières années dans l’ensemble des pays d'Afrique du Nord. Ce qui est appelé communément la Harga, touche désormais toutes les catégories sociales. Même les enfants en bas âge ne sont pas épargnés par ce phénomène. L’histoire de cette fillette tunisienne, âgée d'à peine 4 ans, arrivée seule sur les côtes italiennes, en est la parfaite illustration.

Une affaire survenue en fin de semaine dernière en Tunisie, est devenue un sujet qui préoccupe au plus haut sommet de l’État. En effet, une fillette âgée de 4 ans était arrivée, sans ses parents, à Lampedusa (Italie), dans une embarcation d'émigration clandestine. L’affaire divulguée par des médias italiens a interpellé toutes les autorités tunisiennes, y compris le chef de l’État,  Kaïs Saïed.

Dans une déclaration au journal tunisien La Presse, l’ancien député Majdi Karbai a indiqué samedi 22 octobre que la petite fille en question était accompagnée par ses parents et sa sœur de 7 ans, mais ces derniers n’ont pas pu prendre part à la traversée ». Les parents ont alors laissé leur fille prendre l’embarcation sans eux à destination des côtes italiennes. La petite fille était arrivée dimanche dernier en compagnie d’un groupe de migrants clandestins sur l’ile italienne de Lampedusa.

Les parents de la petite fille au banc des accusés

Selon le même député, le père de la fillette  a « coordonné avec les autorités italiennes et des associations locales pour prendre en charge la petite fille. Elle a été placée dans un centre de prévention spécialisée ». De son côté, le porte-parole de la Garde nationale tunisienne, Hossemeddine Jbabli, a indiqué mercredi dernier aux médias locaux que « c’est le père de la fillette qui l’a embarquée volontairement sur la barque et qu’il aurait allongé la somme de 24 mille dinars tunisiens (8 000 dollars) pour lui payer la traversée ».

Le porte-parole de la Garde nationale a affirmé que les parents de la fillette ont été placés en garde à vue, pour « abandon de mineur ». Selon la même source, « les parents pourraient être poursuivis pour traite d'êtres humains par le Parquet ». Toutefois, le porte-parole des tribunaux de Monastir, Farid Ben Jha, a indiqué, dans une déclaration accordée vendredi 21 octobre 2022 à la télévision tunisienne, que la mère de la fillette a été libérée, ajoutant que le juge d'instruction poursuit l'interrogatoire du père. Farid Ben Jha avait précisé que « la suspicion de traite de personnes avait été rejetée ».

Les autorités œuvrent au retour de la fillette en Tunisie

La petite fille arrivée saine et sauve sur l’ile de Lampedusa bénéfice d’une bonne prise en charge en Italie, selon les médias locaux, mais son cas préoccupe au plus haut sommet de l’État tunisien. Dans un communiqué publié vendredi 21 octobre, le ministère tunisien des Affaires étrangères a annoncé que le président de la République Kaïs Saïed avait « ordonné le suivi de l'affaire ». La même source a indiqué que « le délégué général de la protection de l'enfance se rendra en Italie afin de coordonner avec les autorités italiennes et la représentation diplomatique tunisienne à Rome et de garantir le retour de l'enfant en Tunisie ».