France : un Algérien, témoin d'un viol, lourdement condamné

Violence conjugale - Viol sur mineure

Un jeune algérien du nom de Fares Hamdi, âgé de 24 ans, a eu du mal à justifier un comportement qu’il attribue à la « peur ». Les faits remontent à 2017 quand le jeune Fares a séduit une femme qu’il a fini par ne pas pouvoir protéger contre un viol. Recherché depuis 2019 comme témoin privilégié de cet abominable acte, il n’a été arrêté que la semaine dernière à Roissy-Charles-De-Gaulle (France). Retour sur une histoire dépourvue d’« héroïsme ».

Après un concert de jazz, une jeune femme, du nom de Dina, rate le dernier tramway et décide de rentrer chez elle à pied. En route, elle rencontre un jeune, « charmant et prévenant », selon sa propre description. L’homme s’appelle Fares Hamdi et entreprend de séduire la jeune fille. Celle-ci, charmée, accepte de rentrer avec lui. Fares Hamdi l’invite alors dans l’appartement d’un certain Mohamed Abiah, 25 ans, rue Arson à Nice. Fares Hamdi était loin d’imaginer que la nuit allait vite se transformer en cauchemar.

Fares Hamdi, témoin du viol de Dina : « j'ai eu peur »

Il était en train de se rhabiller quand Mohamed Abiah fait irruption dans l’appartement. Et, sous la menace d’un couteau, ce dernier viole Dina à plusieurs reprises. L’acte barbare durera cinq heures entières. La réaction de Fares Hamdi ? « J’ai essayé de la défendre, de la sauver, répond-il au Président de tribunal, Edouard Levrault, qui l’interrogeait. Et de rajouter : « il a commencé à me pousser, il ne l’a pas laissée sortir. "Soit tu sors, soit je te tue". Il l’a répété. J’ai eu peur. Je n’ai pas appelé la police parce que j’étais sous le choc ».

Fares Hamdi avait pourtant compris que Mohamed Abiah retenait Dina pour un motif sexuel. Il savait qu’elle était en danger, « ce qui était aussi son cas », selon ses dires. « Qu’avez-vous fait pour lui venir en aide après avoir quitté l’appartement ? », interroge encore le Président du tribunal. « J’étais stressé, je n’ai pas pensé à appeler la police. J’étais jeune. Je venais du bled. Je ne sais pas », conclut le prévenu, qui avait appelé à douze reprises l’agresseur, mais pas une seule fois la police.

Dina : victime d’un « double abandon », plaide son avocate

Me Bigre, avocate de la jeune femme, charge lourdement Fares Hamdi, en évoquant « un double abandon ». « Monsieur s’est désintéressé du sort de la victime comme il s’est désintéressé de la procédure qui a suivi », a regretté l’avocate, qui a ajouté : « il a eu de la chance de ne pas être poursuivi pour complicité. Il l’a entendue hurler et il s’est enfui. Cette lâcheté est inacceptable ». Le procureur Christophe Tricoche, lui, estime que la responsabilité de Fares Hamdi « est immense ». « Vous avez fait prendre tous les risques à cette jeune fille puisque vous l’emmenez dans un logement qui n’est pas le vôtre. Votre responsabilité est immense. Vous vous êtes complètement défaussé », a-t-il reproché au jeune homme.

L’avocat de Fares Hamdi, Me Adam Krid, tente de plaider « l’état de sidération » de son client. « Menacé par un couteau, il n’est pas resté inerte, mais ensuite il était perdu, anéanti », a-t-elle plaidé. Il reproche une expertise psychiatrique réalisée sans interprète, qui décrit « un homme sans empathie ». Le tribunal a, néanmoins, condamné Fares Hamdi à trois ans de prison, confirmant ainsi la peine prononcée par la Cour d’assises qui avait infligé dix-huit années de réclusion criminelle à l’agresseur Mohamed Abiah.

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