L'Algérie subit elle aussi la crise économique mondiale. L'on parle de la guerre menée par la Russie en Ukraine, qui a des répercussions dans plusieurs domaines, notamment en ce qui concerne les produits alimentaires, dont les prix ont flambé depuis le début de la guerre. Ainsi, en Algérie aussi, l'inflation a explosé et la croissance a ralenti. Cependant, cette crise a également été une aubaine pour le pays dans le secteur des hydrocarbures. Pour 2023, le ministre algérien des Finances Brahim Djamel Kassali a exposé les prévisions de croissance ainsi que de l'inflation de l'économie algérienne.

Ainsi, lors d'une séance plénière de l'Assemblée populaire nationale (APN), le 20 novembre à Alger, Brahim Djamel Kassali a indiqué qu'un taux de croissance économique global de 4,1 % est attendu en 2023, contre 3,7 % d'ici à la fin de l'année en cours. Ce taux est « expliqué par les performances de l'ensemble des secteurs, à l'exception du secteur des hydrocarbures qui connaîtra une stabilité en termes de volume », selon ce ministre qui précise que le taux de croissance hors hydrocarbures devrait atteindre 5,6 % en 2023, grâce aux performances prévues dans différents secteurs d'activités, contre 4,6 % d'ici à fin 2022.

En ce qui concerne l'inflation, le ministre a souligné que le gouvernement s'attelle à la juguler, à court terme, en ce sens qu'elle devrait ralentir en 2023 pour atteindre 5,1 %, contre 7,7 % dans les prévisions de clôture pour 2022. Il explique que le recul de l'inflation interviendra grâce « aux politiques adoptées par les pouvoirs publics en vue de garantir la disponibilité des produits de base à des prix en adéquation avec les revenus des citoyens, contrôler les prix et lutter contre la spéculation ».

Les chiffres sur la croissance de l'économie algérienne ne cadrent pas avec ceux du FMI

Quant à la balance commerciale, elle connaîtra en 2023 un excédent de 9,4 milliards de dollars à la faveur de l'augmentation du niveau des exportations à 46,3 milliards de dollars, par rapport au niveau attendu des importations, prévu à 36,9 milliards de dollars. Ce qui  mènera à une augmentation des réserves de change, prévues d'ici la fin de 2023 à 59,7 milliards de dollars, soit une augmentation de 9 % par rapport aux réserves attendues d'ici à la fin de 2022.

Cependant, il faut souligner que les chiffres donnés par le ministre des Finances ne cadrent pas avec ceux du Fonds monétaire international (FMI). Pour 2023, cette institution financière prévoit dans son rapport du mois d'octobre un taux de croissance à seulement 2,6 % durant l'année prochaine[1]L'Algérie parmi les économies émergentes, selon un rapport du FMI.

Le rapport estime que l'équilibre budgétaire en 2023 en Algérie ne pourra être assuré à partir d'un prix moyen à près de 150 dollars le baril[2]L'Algérie a besoin d'un prix moyen de 150 dollars le baril de pétrole en 2023 pour équilibrer son budget[3]Les prix du pétrole en baisse : Vers un retournement de situation ?. « L'Algérie aura besoin d'un baril de pétrole à 149,2 dollars pour assurer l'équilibre de son budget qui culminera à plus de 13'700 milliards de dinars », précise ce rapport. Là également, le gouvernement prévoit un déficit moins important dans le projet de Loi de finances 2023. Ce déficit budgétaire est de l'ordre de 5'700 milliards de dinars, soit près de 40 milliards de dollars dans le projet de la Loi de finances.