Si, d'un point de vue politique, les relations bilatérales entre la France et les pays nord-africains semblent plus ou moins stables, la réduction drastique de nombre de visas est bien de nature à faire des malheureux. Preuve en est l'expulsion du nombre de contentieux pour lesdits refus, devenus, selon les observateurs, « systématiques ». Emmanuel Macron n'en démord pas : il continue à défendre la politique de fermeté menée par la France sur les visas[1]Restrictions sur les visas pour le Maroc et l'Algérie : Macron persiste et signe accordés aux Algériens, aux Marocains et aux Tunisiens.

En marge du sommet sur la Francophonie en Tunisie, le président français a clairement estimé que « cette politique commençait à porter ses fruits ». En se disant à nouveau favorable « à la mobilité des étudiants, à la mobilité économique, académique, politique », il a rappelé que ladite politique a été adoptée pour amener les pays en question à reprendre leurs ressortissants sous Obligations de quitter le territoire français (OQTF). Les résultats ? Plutôt satisfaisants, d'après Macron. « Ce coup de chauffe des derniers mois a eu de l'effet. On voit que les retours des migrants expulsés sont facilités », a-t-il déclaré à la presse.

Sauf que les victimes collatérales sont nombreuses. Du côté sud de la Méditerranée, l'on a même crié à « l'humiliation »[2]Des ONG dénoncent les traitements humiliants et dégradants des consulats à l'égard des demandeurs de visas. Des militants de défense des droits de l'Homme expriment, chaque jour, leur indignation de voir des personnes lambda être les souffre-douleur d'une décision difficilement défendable. En effet, les refus de visas sont incalculables et les raisons évoquées sont à peine « digérables ».

Refus de visas : Les contentieux en hausse de 300 %, selon une avocate

Selon Fatou Babou, membre du barreau de Bordeaux et spécialiste du droit de l'immigration, « les visas de court séjour ne sont pas les seuls à être frappés de refus ». Elle a constaté une nette augmentation des refus concernant les autres types de visas (long séjour, étudiant, regroupement familial). Interrogée par Middle-East Eye[3]Visas pour la France : le nombre de contentieux pour refus a « explosé » au Maghreb, Middle-East Eye, l'avocate déclare : « Les contentieux sur les visas représentent désormais la moitié de mon activité. Le nombre des dossiers que je défends a augmenté de 300 % depuis un an ». Encore, précise-t-elle, « la distance et le manque d'informations dissuadent beaucoup d'étrangers de saisir la juridiction ».

« Il y a énormément de refus de visas pour les ascendants, et le plus souvent, ils sont arbitraires », déplore, en guise d'exemple, Fatou Babou, précisant que pour les visas de court séjour, il existe des limitations légales qui compromettent l'issue des contestations de refus devant le tribunal administratif. En tout état de cause, l'avocate encourage les étrangers à contester les décisions consulaires, un moyen de montrer, selon elle, que la décision politique de réduire la délivrance des autorisations d'entrée en France est exagérée.