La diaspora algérienne, établie notamment en France, a de tout temps représenté une source de transfert de devises vers l'Algérie. Ces Algériens avec un meilleur cadre de vie viennent à la rescousse de leurs familles. Ils financent notamment des projets familiaux et prennent en charge leurs proches dans la difficulté. Cependant, l'apport de la diaspora algérienne est jugé insuffisant par de nombreux observateurs.

C'est le cas du président de l’Union générale des Algériens de la diaspora, Saïd Benrakia, qui s'est confié au journal arabophone El Dazair El Youm, affirmant que « dans ce domaine (transfert de devises vers l'Algérie, NDLR), les émigrés peuvent faire beaucoup mieux par rapport à ce qui est enregistré actuellement ». Pour y arriver, Saïd Benrakia préconise que les autorités prennent certaines dispositions.

Il s'agit notamment de « l’ouverture des agences bancaires dans les différents pays et surtout en France ». Plus explicite, il assure que « les trois bureaux bancaires récemment ouverts au Sénégal, en Mauritanie et dans l’Hexagone restent insuffisants et ne peuvent pas répondre aux besoins de la diaspora ». Ce n’est pas tout. Il a, dans ce sens, suggéré « la révision et la modernisation du système bancaire dans sa partie liée aux transferts bancaires internationaux ».

À lire aussi :  Voitures de moins de 3 ans : la Douane explique les taxes

Transfert de devises : Le marché noir n'est pas pris en considération

Le président de l’Union générale des Algériens de la diaspora plaide également pour « l’éradication », le plutôt possible par les autorités, du marché noir. Enfin, le président de l’Union générale des Algériens de la diaspora a recommandé « d’initier en Algérie des programmes de logement spécialement au profit des Algériens de l’étranger ». « Ces mesures pourront permettre d’augmenter le montant des transferts de fonds à hauteur des 35 milliards voire 50 milliards de dollars par an à partir de 2025 », a-t-il assuré.

Il faut souligner qu'en chiffres, la Banque mondiale relevait dans son dernier rapport que la diaspora algérienne a transféré un montant de 1,829 milliard de dollars en 2022 vers l’Algérie contre 1,759 durant l’année 2021. Une « somme dérisoire », selon nombre d’experts. Toutefois, ces chiffres ne prennent en considération que l'argent qui transite dans les circuits officiels. Les grandes sommes qui transitent sur le circuit officieux ne sont pas quantifiables, alors que les Algériens préfèrent ces circuits pour gagner en change. Le taux de change sur le marché noir est plus intéressant pour les immigrés voulant envoyer de l'argent à leurs proches.