Une première depuis près de vingt ans pour un chef d'État-major de l’Armée nationale populaire. En effet, alors qu’aucun de ceux-là n’avait effectué une visite officielle dans l’Hexagone, le général d’armée Saïd Chengriha, est attendu à Paris « à la fin du mois de janvier », selon l'AFP qui rapporte l’information ce jeudi 19 janvier. Citant une source militaire française, l’AFP précise que le général algérien devrait s’entretenir au cours de cette même visite avec son homologue français, le général Thierry Burkhard.

Au menu des entretiens des deux responsables militaires, « la préparation de la visite » du chef de l'État Abdelmadjid Tebboune en France, en mai prochain. « Cette rencontre est hautement symbolique alors qu'aucun patron de l'armée algérienne ne s'est rendu en France en visite officielle depuis près de 17 ans », note l'AFP rappelant que la  dernière visite d'un chef d'état-major de l’armée algérienne en France remonte à mai 2006, du temps de Ahmed Gaïd Salah.

Rappelons que Thierry Burkhard et Saïd Chengriha se sont entretenus en août 2022 lors de la visite d’État effectuée par Emmanuel Macron en Algérie. Les deux responsables militaires avaient notamment abordé  la situation sécuritaire au Sahel ainsi que le renforcement de la coopération entre les armées algérienne et française. De son côté, la secrétaire générale du ministère français des Affaires étrangères Anne-Marie se rendra en Algérie le 25 janvier « à l'invitation de son homologue algérien Amar Belani », a indiqué mercredi le Quai d'Orsay à l'AFP.

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Algérie : Retour à la normale avec la France ?

Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron ont convenu, le dimanche 15 janvier lors d'un entretien téléphonique, d'une visite du chef de l'État algérien à Paris en mai. Une visite qui intervient dans un contexte marqué par la volonté politique des deux pays à renforcer les relations bilatérales et à impulser une dynamique selon une vision nouvelle, basée sur un traitement d'égal à égal et l’équilibre des intérêts, après celle effectuée par Emmanuel Macron à Alger en août 2022.

Fin décembre 2022, Abdelmadjid Tebboune avait salué la nouvelle « relation de confiance » entre la France et l'Algérie, dans un entretien au journal Le Figaro. Quelques jours auparavant, en visite en Algérie, le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin avait fait état de la reprise des deux pays d’une relation consulaire « normale » et de revenir à celle qui existait avant la pandémie de Covid-19, notamment en matière de visas1.

Cependant, il faut souligner que même si l'Algérie et la France vivent une lune de miel, la question de la mémoire reste omniprésente. Concernant ce volet des progrès restent à faire, surtout que la France refuse toujours de demander pardon pour les crimes coloniaux. Sur ce point, Emmanuel Macron n’a pas fait mieux que ses prédécesseurs à l’Élysée. Dans un entretien au magazine le Point, le 13 janvier 2022, il a tout bonnement laissé entendre qu’il « ne demandera pas pardon à l'Algérie » pour le passé colonial de son pays. « Je n'ai pas à demander pardon, ce n'est pas le sujet, le mot romprait tous les liens. Je ne demande pas pardon à l'Algérie et j'explique pourquoi », a-t-il affirmé, précisant que «  le seul pardon collectif qu'il a demandé, c'est aux harkis ».

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