Fin de mission pour l'ambassadeur de France en Algérie, sur fond de crise diplomatique

Les relations entre l’Algérie et la France ne vont pas pour le mieux. Alors que l’on croyait finies les querelles diplomatiques, un nouvel élément vient davantage confirmer ce malaise : la mise à la retraite de l’ambassadeur français en Algérie François Gouyette.

Désormais ex-ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette quittera son poste l’été prochain, le 1er août 2023, selon un arrêté signé le 10 février 2023, par la ministre française de l’Europe et des Affaires étrangères. « À compter de cette même date, M. Gouyette François est radié des cadres », précise encore la  même décision publiée par le Journal officiel français.

Officiellement, il « est admis à faire valoir ses droits à la retraite, par limite d’âge ». Seulement, dans les coulisses, on est unanimes à affirmer que la décision intervient sur fond de crise avec Alger qui, au lendemain de « l’exfiltration » de l’activiste franco-algérienne Amira Bouraoui, a décidé de rappeler son ambassadeur à Paris pour consultation.

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François Gouyette a été, pour rappel, nommé ambassadeur de France en Algérie en juillet 2020, en replacement de Xavier Driencourt. Présenté comme un « parfait arabophone », il avait été déjà ambassadeur de France en Arabie Saoudite depuis 2016, ainsi qu’à Tunis quatre ans auparavant. Il a aussi été ambassadeur à Tripoli de 2008 à 2011, juste avant la chute de Kadhafi.

Lorsqu’il se rendait en Algérie en août 2020, pour prendre officiellement ses fonctions d’ambassadeur, François Gouyette a été accusé de tisser des relations avec des figures de « l'opposition »1. En décembre 2020, il a été accusé par des députés FLN2 d’avoir profité de l’absence du chef de l’État Abdelmadjid Tebboune pour engager des discussions avec des partisans de l’instauration d’une période de transition.

Ses sorties ont vite fait réagir des officiels Algériens, a l'image d'Ammar Belhimer, alors ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, qui avait répliqué à Francois Gouyette : « aucun diplomate ne peut ignorer les règles fondamentales des pratiques diplomatiques, au risque de se voir confronté à des mesures [de rétorsion] de la part du pays hôte ».

« Dans le cas contraire, cela est considéré un comportement inapproprié, et ces personnes deviennent indésirables », a-t-il soutenu. Autant dire que le départ de François Gouyette ne serait perçu que comme un « soulagement ».

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