Revenue de Syrie, une femme accusée de terrorisme risque l'expulsion vers l'Algérie

femme ayant rejoint l'État islamique (Daech)

Une jeune femme d'origine algérienne, revenue de Syrie où elle avait rejoint l'organisation terroriste État islamique, risque l'expulsion vers l'Algérie. Née en France, mais n'ayant pas la nationalité française, cette Algérienne âgée de 24 ans est accusée de terrorisme par les autorités françaises. Une accusation que cette mère de 2 filles nie catégoriquement en affirmant qu'elle en serait plutôt victime.

C'est une affaire qui a fait ces derniers jours la Une des médias en France. Une jeune femme de 24 ans est menacée d'expulsion vers l'Algérie, son pays d'origine où elle n'a jamais mis les pieds. Rapatriée en France en janvier dernier après avoir passé 5 ans en Syrie au sein de l'État islamique de 2014 à 2019, cette femme qui se dit victime d'une famille « tyrannique et radicalisée » est sous la menace d'une expulsion vers l'Algérie.

La jeune femme a choisi le prénom Sana pour se démarquer de sa famille, dont 23 membres ont rejoint l'organisation État islamique en Syrie. Elle aurait été emmenée de force par sa mère depuis la France vers la Syrie en compagnie de ses 3 frères et sa sœur, alors qu'elle avait 15 ans. Une fois sur place, Sana a été mariée de force à un combattant belge de l'organisation terroriste. Elle a eu deux filles qui ont aujourd'hui 5 et 7 ans.

La préfecture du Nord accuse la jeune femme algérienne de « soutien au terrorisme »

Rapatriée de la Syrie en janvier dernier en compagnie de ses deux filles, la jeune femme risque aujourd'hui de se faire expulser vers l'Algérie. Le préfet du Nord estime qu'elle représente « une menace grave pour l'ordre public ». Elle espère rester dans son pays de naissance, mais n'en a pas la nationalité française : sa mère a refusé de la demander lorsqu'elle était adolescente, faisant d'elle aujourd'hui une ressortissante algérienne en situation irrégulière.

Malgré la levée des mesures administratives contre la jeune femme, dont le comportement est jugé adéquat depuis son retour en France, la préfecture du Nord a tout de même décidé de demander son expulsion, rapporte Sud Ouest. «J'affirme qu'elle constitue aujourd'hui une menace grave pour la République française », lance le préfet du Nord Georges-François Leclerc devant la commission d'expulsion du tribunal de Lille, qui rendra son verdict le 27 septembre prochain.

Pour étayer sa demande d'expulsion, le préfet du Nord cite une décision du tribunal administratif en avril validant la prolongation d'une mesure de surveillance administrative au motif que la jeune femme  algérienne « n'apporte aucun élément probant corroborant une condamnation de sa part des actes de terrorisme commis par les membres de la communauté à laquelle elle a appartenu ».

« Je ne suis ni un danger ni une menace », se défend la jeune Algérienne

« Je ne comprends pas cette obstination de la préfecture », rétorque Me Marie Dosé, l'avocate de la jeune Algérienne. « Ma cliente n'est jamais mise en examen et elle s'est constituée partie civile contre sa famille et n'a fait que subir son enfance puis son séjour en zone irako-syrienne », ajoute-t-elle devant les juges. Et de décrire la déscolarisation de sa cliente à 13 ans, le voile intégral , l'interdiction de regarder à travers la fenêtre de sa chambre, la violence subie. Et la haine de sa mère qui, « avec l'école », est « probablement » ce « qui l'a sauvée de cette idéologie radicale », explique encore l'avocate.

Dans une lettre lue à l'audience par son avocate, la jeune Algérienne a nié toute implication dans le terrorisme, allant jusqu'à affirmer qu'elle en est victime. « Je viens d'une famille tyrannique que je n'ai pas choisie. Je ne suis ni un danger ni une menace. Simplement encore cette petite fille à qui on a volé son enfance », affirme-t-elle. « Mon plus grand rêve, c'est d'aller à Disneyland avec mes filles », ajoute-t-elle.

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