Pétrole : entre pays producteurs et pays consommateurs, les prévisions sur l'avenir se contredisent

Avant la guerre en Ukraine, beaucoup de pays, notamment les plus développés, ont fait le pari des énergies renouvelables, donc exclu le pétrole, le gaz et autres. La guerre en Ukraine a remis les pendules à l'heure. Le monde a toujours besoin des énergies fossiles et ces pays développés l'ont compris à leurs dépens. Depuis cette guerre, une crise énergétique s'est installée et a fait flamber les prix du pétrole et du gaz. 

Après plusieurs mois de conflit, l'Europe notamment a pu stabiliser son approvisionnement. Pour l'avenir de ces énergies fossiles, le débat revient de plus belle. Pour les pays producteurs, la demande continuera à augmenter encore pendant quelques décennies. Les pays consommateurs prévoient autre chose. Pour ces pays, le pic de la demande sera atteint en 2030.

En effet, l'Opep qui représente les pays producteurs, prévoit dans son rapport sur les perspectives de la demande pétrolière mondiale, publié le 8 octobre une augmentation continue de la demande de pétrole d’ici à 2045. Elle atteindrait d'ailleurs 116 millions de barils par jour (Mb/j) d’ici 2045, soit une augmentation de 16,5 % par rapport aux projections faites en 2022 (109,9 Mb/j).

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Pétrole : Impact des prévisions sur les investissements

Ce constat n'est toutefois pas celui de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) qui représente les pays consommateurs et qui est le bras économique de l’OCDE. Cette organisation prédit encore une fois des pics de demande de pétrole, de gaz naturel et de charbon d’ici 2030. En effet, dans son rapport annuel, World Energy Outlook, publié hier, l’AIE souligne que « la demande mondiale de combustibles fossiles devrait culminer d’ici 2030, à mesure que davantage de voitures électriques arrivent sur les routes et que l’économie chinoise connaît une croissance plus lente et s’oriente vers une énergie plus propre ».

Ces deux constats ne sont pas anodins. Ils peuvent avoir des conséquences sur les investissements dans le secteur. En effet, si l'Opep alerte sur les sous-investissements qui peuvent conduire à une crise énergétique, l'AIE au contraire remet en cause toute justification d’une augmentation des investissements. L'Opep appelle, en fait, à des milliers de milliards de nouveaux investissements dans le secteur pétrolier alors que l'AIE au contraire décourage les investisseurs.

Il faut dire que malgré la nette avancée des énergies, dites propres, la guerre en Ukraine a démontré que le monde est loin d'être préparé à se débarrasser des énergies fossiles. D'ailleurs, dans certains pays, même les centrales à charbon à l'arrêt ont été réactivées pour faire face à la crise du gaz de l'hiver dernier.


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