Un Algérien condamné pour avoir conduit une embarcation de harraga en Espagne

Un jeune Algérien a été jugé devant le Tribunal supérieur de justice d’Andalousie (TSJA), en Espagne, pour avoir conduit une embarcation de harraga (migrants) avec huit personnes à son bord, dont une femme enceinte. Selon l'Agence espagnole Europa Press, l'Algérien dont l'identité n'a pas été révélé, a été condamné à 4 ans et 9 mois de prison, même si le jeune homme a toujours nié être un passeur ou que c'était lui qui conduisait l'embarcation.

En effet, selon le compte rendu de l'agence de presse en question, le canot transportant l'accusé et les huit autres harraga a été repéré le 10 septembre 2023, vers 15 heures, et ce, au large de la plage d'El Lancon, à Carboneras, dans le Sud de l'Espagne. En fait, c'était dans la province d'Almeria où un agent de la garde civile, hors service ce jour-là, avait localisé l'embarcation à son arrivée.

D'ailleurs, le témoignage de l'agent de la garde civile a pesé lourd durant le procès et dans la décision du juge du TSJA. Il a affirmé lors du procès que c'était le jeune Algérie qui était aux  commandes de la barque à son arrivée à la plage. Selon une information d'Europa Press, reprise par le site Info Migrants, la scène de l'arrivée de l'embarcation conduite par le mis en cause a été "visualisée de manière nette, indubitable et concluante" par l'élément de la garde civile. C'est comme cela que le tribunal a argumenté sa décision.

Faits-divers Accusé du meurtre de son fils, il refuse son extradition en Algérie

Devant ses accusateurs, le jeune harraga algérien a nié avoir piloté la barque de manière continue tout au long de la traversé. Comprendre qu'il est un passager comme tous les autres et que cela lui est arrivé de conduire l'embarcation, mais il assure cela par alternance avec d'autres passagers. Il a estimé qu'il avait seulement la malchance d'être aperçu aux commandes de la barque à son arrivée vers la côte espagnole.

L'Algérien reconnu coupable d'avoir mis en danger la vie des harraga

Mais pour le juge et le tribunal, cette thèse ne tient pas la route. Pour lui, il faut une grande expertise pour amarrer une barque sur une plage. Mais qu'est ce qui a joué contre le jeune harraga algérien ? En fait, il a été reconnu coupable d'avoir mis en danger les occupants de l'embarcation, assure les accusateurs qui rappellent que la traversée entre les côtes algériennes et l'Andalousie, 185 km, est particulièrement dangereuse, notamment en raison des courants forts et des barques en mauvais état utilisées par les passeurs.

Il faut dire que dans le cas de cette embarcation précisément, "la traversée a été prolongée de plusieurs heures, dont une partie la nuit, sur un bateau inadéquat et surchargé, sans lumières ni mesures de sécurité, et sur un trajet avec un trafic maritime intense" accuse-t-on du côté du TSJA. Plus encore, la traversée a eu lieu dans des conditions météorologiques défavorables, avec notamment des vagues allant jusqu'à 1,25 mètres. Ce qui amène un certain danger pour la vie des harraga à bord, particulièrement la femme enceinte.


Vous aimez cet article ? Partagez !