Près de 3000 médecins étrangers dont des Algériens menacés d'expulsion en France

Médecins

En France, près de 3000 médecins étrangers dont des Algériens sont menacés d’expulsion, en raison de leur statut vis-à-vis de la loi française régissant la pratique de la médecine dans le pays. Recrutés dans l’urgence par les établissements de santé durant la crise sanitaire, ces médecins étrangers « sans statut » ont vu leurs contrats expirés et ne peuvent donc plus exercer depuis le 1er janvier 2024. Ils risquent aujourd’hui de se faire expulser faute de pouvoir régulariser leur situation administrative. 

Depuis quelques jours, le secteur de la santé est en ébullition en France. Des milliers de médecins étrangers en dehors de l’Union européenne, qui avaient exercés dans les établissements de santé en France, notamment durant la pandémie de covid-19, se retrouvent aujourd’hui au chômage. Depuis le 1er janvier, entre 2000 et 3000 médecins étrangers qui exercent dans des établissements français ont été licenciés de leur poste faute de renouvellement de leur contrat, selon les syndicats.

Ces praticiens étrangers diplômés hors UE, dont des médecins algériens doivent en principe passer un concours appelé épreuves de vérification des connaissances (EVC), puis suivre un parcours de consolidation de compétences de 2 ans à l'hôpital, avant de voir leur dossier examiné en commission. Mais un régime dérogatoire a longtemps existé, permettant aux hôpitaux de recruter des non-admis aux EVC, sous divers statuts très précaires, rémunérés entre 1500 et 2200 euros net par mois.

La France met fin au régime temporaire de recrutement de médecins étrangers

Ce régime temporaire de recrutement de praticiens étrangers en France a définitivement pris fin le 31 décembre 2023. Impossible aujourd'hui de renouveler les contrats de ces médecins qu’on appelle les « Padhue », l'acronyme pour « Praticiens à diplôme hors Union européenne ». Ils devaient tous réussir les épreuves requises cette année pour continuer à exercer. « Sauf qu'avec 10'000 candidats au concours – dont une partie inscrits de l'étranger – pour 2700 postes ouverts, c'est impossible », déplore sur RFI le docteur Halim Bensaïdi.

Présent le 18 janvier devant le ministère de la Santé à Paris en compagnie de plusieurs de ses collègues lors d’une journée de mobilisation pour réclamer leur maintien en poste et la régularisation de leur situation administrative, Halim Bensaïdi, n’a pas caché sa colère. Ce diabétologue venu d’Algérie travaille depuis 2019 en France. Il est le vice-président de l'association Ipadecc, Intégration des praticiens à diplôme hors Union européenne.

Certains médecins étrangers ont déjà reçu des OQTF

« Mon contrat a expiré hier et je n’ai toujours pas de réponse pour [mon] renouvellement ! Le président de la République promet de nous régulariser, sauf qu’officiellement, on n’a pas de texte qui nous permet de continuer l’exercice de notre noble métier, qu’on exerce dignement depuis des années », regrette-t-il, au micro de RFI.

Selon lui, jusqu’à ce jour ils sont 2000 médecins qui ne sont pas régularisés et risquent donc de se faire expulser. « On se pose des questions sur notre sort : qu’est-ce qu’on va devenir demain ? Et pour certains qui ont été licenciés le 31 décembre, qui ont reçu des OQTF ? On se pose vraiment cette question du manque de personnel médical alors qu’aujourd’hui, en France, on licencie et on donne des OQTF à des médecins qui sont prêts à exercer leur métier. Des gens sont payés entre 1400 et 2000 euros, c’est juste indigne par rapport à leur dévouement total au sein des hôpitaux français », s’insurge le diabétologue algérien.

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