En France, une importante opération menée récemment par la police a permis de démanteler un réseau de marchands de sommeil à Belfort, dont la majorité des victimes sont des sans-papiers algériens. Ces derniers ont été logés dans des conditions indignes. Un homme et son fils, jugés responsables de cette situation, ont été interpellés.
Selon L’Est Républicain, l'enquête qui a duré huit mois a pris fin le mardi 26 novembre 2024 à Belfort. Ce jour-là, une cinquantaine de policiers ont fait irruption dans un immeuble de la rue de Thann, où depuis au moins quatre ans, un père et son fils, cogérants d'une SCI (Société civile immobilière), hébergeaient illégalement des ressortissants algériens, la plupart en situation irrégulière, dans des conditions de vie déplorables.
Le matin de l’interpellation, dix sans-papiers hébergés dans l’immeuble ont été arrêtés. Parmi eux, une famille avec deux enfants d’une dizaine d’années. Cinq de ces personnes sont également retrouvées en possession de fausses pièces d’identité. Ce jour-là, parmi les cogérants de la SCI, seul le fils d’une quarantaine d’années est interpellé. Après un passage en garde à vue, il est mis en examen pour « aide au séjour irrégulier en bande organisée, blanchiment de fraude fiscale, abus de confiance, ainsi que faux et usage de faux. »
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Un père et son fils exploitaient la détresse des sans-papiers algériens
Quant au gérant de la SCI, il était absent le jour de la perquisition, étant en voyage en Algérie. À son retour en France, le 4 décembre 2024, il a été placé en garde à vue et mis en examen. Il s'agit du père du collecteur de fonds. Selon la police, cet homme âgé de 70 ans louait ses appartements « exclusivement à des personnes issues de son pays d’origine, l’Algérie ». Lors de de son audition il avait du mal à justifier l'origine des flux bancaires provenant d'un compte espagnol avant de reconnaître, à demi-mot, "ne pas se soucier de la situation administrative de ses locataires", selon les enquêteurs.
En ce qui concerne les conditions d’hébergement indignes, le septuagénaire a rejeté la responsabilité sur ses locataires, malgré les constatations des enquêteurs et les nombreuses auditions à charge. L’homme a été déféré le 6 décembre dernier devant la juge d’instruction du tribunal administratif de Belfort. À l’issue de sa mise en examen, il a été laissé libre sous contrôle judiciaire. Désormais, l’enquête est confiée au parquet de Belfort.
