Algérien tué par un policier en France : sa famille témoigne

En juin dernier, un policier hors service a abattu Amar Slimani, un Algérien sans domicile fixe, dans des circonstances qui soulèvent de nombreuses questions. La famille de la victime dénonce un acte raciste et une gestion insensible de l’affaire par les autorités françaises.

Amar Slimani dormait dans une dépendance d’une maison située à Bobigny, en région parisienne. La propriétaire, ayant remarqué sa présence, a contacté des proches pour le faire partir. Parmi eux se trouvait un policier hors service qui s’est rendu sur place avant l’arrivée de ses collègues. Sans attendre, il a tiré à sept reprises sur Amar, le touchant à bout portant.

Me Yacine Bouzrou, avocat de la famille Slimani, affirme que rien ne justifiait un tel usage de la force. « Amar n’était ni armé ni menaçant », explique-t-il. Le policier a avancé la légitime défense pour justifier son acte, mais selon l’avocat, le nombre de tirs et leur proximité invalident cette thèse.

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Une victime déshumanisée, selon ses proches

Les proches d’Amar Slimani dénoncent un racisme sous-jacent. « Pour ce policier, Amar était moins qu’un homme, un étranger sans importance », accuse Me Bouzrou. L’avocat souligne également un détail choquant : après avoir abattu le jeune homme, le policier a pris des photos de son corps.

Les médias français, de leur côté, ont largement ignoré cette affaire ou ont présenté Amar comme un simple « squatteur » ou « SDF ». Ces termes, selon la famille, contribuent à déshumaniser la victime et à minimiser la gravité du drame. « Amar avait une famille, une mère, des frères et sœurs. Réduire sa vie à cela est injuste », déclare Rachid Slimani, son frère.

Une famille bouleversée et ignorée

La famille Slimani reproche également aux autorités leur manque de considération. Ni la police ni les institutions françaises ne les ont contactés après le drame. « C’est par un appel du bled que j’ai appris la mort de mon frère, deux jours après les faits », raconte Rachid. Ce retard a failli empêcher la famille de rapatrier le corps en Algérie. « S’il n’y avait pas eu cet appel, Amar aurait été incinéré sans que nous le sachions », déplore-t-il.

Une enquête en cours, mais des zones d’ombre

Le policier, âgé de 27 ans, a été mis en examen pour meurtre et placé en détention. Toutefois, la justice française n’a pas retenu, à ce stade, l’intention raciste parmi les motivations de cet acte. Pour la famille, cette décision est incompréhensible.

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« Tout montre que ce policier voyait Amar comme une menace uniquement parce qu’il était Algérien », affirme Rachid Slimani. La famille d’Amar Slimani continue de réclamer une justice équitable. Elle espère que l’enquête permettra de révéler toute la vérité sur cet acte tragique. Cette affaire soulève des questions plus larges sur les violences policières et le traitement des populations vulnérables. Pour la famille Slimani, le silence médiatique et institutionnel autour de ce drame ne fait qu’ajouter à leur douleur.


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