L’Algérie s’apprête à franchir un pas important dans son secteur agro-industriel avec le lancement imminent de la plus grande usine de trituration des graines oléagineuses, située à Jijel. Porté par la société publique Kotama Agrifood, ce projet stratégique vise à réduire la dépendance du pays aux importations d’huiles végétales et d’aliments pour bétail.
Implantée dans la commune de Tahir, près du port de Djen Djen, cette usine de trituration bénéficie d’un emplacement stratégique pour la logistique. Sa proximité avec le port permet de faciliter l’importation des graines de soja, matière première essentielle pour la production d’huiles végétales et d’aliments pour animaux.
Le complexe est doté de technologies modernes permettant la trituration des graines oléagineuses, en particulier le soja. Ce processus consiste à broyer les graines pour extraire l’huile brute, qui sera ensuite raffinée pour la consommation humaine. Les résidus de ce processus, riches en protéines, sont transformés en aliments pour animaux, une ressource essentielle pour l’élevage.
Objectifs de production ambitieux
Une fois opérationnelle, l'usine de trituration permettra de produire 40 % des besoins nationaux en huiles végétales brutes et 60 % des besoins en aliments pour bétail. Cela représente une avancée significative pour l’économie algérienne, qui dépend actuellement en grande partie des importations pour répondre à ces besoins.
Avec une capacité de production impressionnante, le site est conçu pour fonctionner de manière durable et efficace. Ses installations comprennent :
- Une unité de trituration pour extraire l’huile végétale brute.
- Des silos de stockage pour les graines de soja importées.
- Des installations de stockage des produits finis, prêtes à être distribuées sur le marché national.
Usine de trituration : un projet relancé avec succès
Initialement bloqué par des problèmes financiers et techniques, ce projet a été relancé grâce à l’expertise des ingénieurs algériens. Le ministre de l’industrie, Ghrieb Sifi, a salué leur travail lors de sa récente visite sur le site, affirmant que l’avancement des travaux, achevé à 92 % en décembre 2024, est un exemple de résilience et d’efficacité. Le ministre a annoncé depuis le site que l'usine serait opérationnelle "très prochainement" sans donner de date exacte.
Les défis techniques, tels que la maintenance des équipements et la mise en conformité avec les normes internationales, ont été relevés avec succès. Cette modernisation permettra à l’Algérie de se positionner comme un acteur compétitif sur le marché régional des produits agro-industriels.
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Impact économique et social
Le lancement de cette usine de trituration aura un impact direct sur l’économie locale et nationale. En plus de réduire les importations, il créera des emplois à Jijel et dans les régions voisines. Les secteurs agricoles et industriels bénéficieront également d’une demande accrue pour la production de soja et d’autres matières premières.
Sur le plan environnemental, l’usine adopte des pratiques visant à limiter les déchets et à valoriser les sous-produits. Cela reflète une volonté de développer une industrie respectueuse des normes environnementales.
Avec ce projet, l’Algérie ambitionne de renforcer son indépendance alimentaire et de réduire sa dépendance aux importations coûteuses. L'usine de trituration de Jijel incarne une vision stratégique pour un développement économique durable, alliant innovation industrielle et réponse aux besoins locaux.
