La triste histoire d'un dentiste algérien qui a tout perdu en France

Le docteur Adhimene Ryad, chirurgien-dentiste algérien, menait une carrière prometteuse en France après avoir exercé plusieurs années en Algérie. Diplômé en 2001 de la faculté de médecine d’Alger, il avait bâti un parcours professionnel solide, d’abord en ouvrant un cabinet en Algérie, puis en obtenant une équivalence pour exercer en France. Pourtant, en décembre 2024, sa vie bascule lorsque le Conseil d’État français confirme sa radiation du tableau de l’Ordre des chirurgiens-dentistes des Yvelines.

À l’origine de cette sanction, une dénonciation venue d’Algérie, affirmant qu’il était toujours inscrit au Conseil de l’Ordre algérien, ce qui constituerait une infraction aux règles d’exercice en France. Une accusation que l’intéressé réfute catégoriquement.

Un signalement controversé venu d’Algérie

Tout commence lorsqu’un responsable d’une section parallèle du Conseil de l’Ordre des dentistes d’Alger adresse un signalement aux autorités françaises, affirmant que le Dr Ryad est encore inscrit en Algérie. Selon le praticien qui s'est exprimé auprès de nos confrères d'El Watan, cette dénonciation serait infondée et motivée par des rivalités internes au sein de l’Ordre algérien.

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Le dentiste assure avoir cessé toute activité clinique en Algérie depuis 2019, ne conservant qu’un rôle de formateur et de coach, ce qui n’est pas interdit par la réglementation française. Il affirme également avoir fourni une attestation de désinscription du Conseil de l’Ordre d’Alger pour prouver sa bonne foi.

Malgré ces explications, il est convoqué en avril 2023 par l’Ordre des chirurgiens-dentistes des Yvelines, qui finit par prononcer sa radiation définitive.

Un soutien algérien, mais une sanction confirmée en France

Face à cette situation, le Conseil de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes d’Algérie, par la voix de son président Dr Ahmed Yahi, prend la défense du praticien. Il dénonce l’action d’une « section illégale », affirmant qu’elle n’a aucune existence officielle et qu’elle cherche à nuire à des confrères pour des raisons personnelles.

Malgré ce soutien, le Conseil d’État français refuse de revenir sur la radiation et valide la décision du Conseil régional de l’Ordre. Selon le Dr Ryad, cette affaire est symptomatique des tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie.

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« Le Conseil d’État s’est précipité pour donner l’information à la presse, ce qui prouve bien que cette décision n’est pas seulement une question administrative, mais aussi politique », affirme-t-il, amer.

Un avenir incertain après l’exil forcé

La sanction du Conseil d’État signifie pour le Dr Ryad l’interdiction définitive d’exercer en France, ruinant plusieurs années d’efforts et d’investissement. Il se retrouve désormais sans emploi, sans perspective professionnelle, et estime avoir tout perdu à cause de cette dénonciation.

Déterminé à se battre, il en appelle aux autorités algériennes, espérant un soutien officiel pour faire entendre sa version des faits. Mais en attendant, son avenir reste suspendu à une décision administrative qu’il considère injuste et arbitraire.


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