Un employé du port d'Alger cachait des harraga dans des conteneurs

Un employé du port d'Alger a été condamné, ce dimanche 13 avril, à cinq ans de prison ferme par le tribunal de Dar El Beïda pour son implication dans un réseau de passage clandestin de migrants. La justice a retenu contre lui des faits d'organisation de départs illégaux en dissimulant des candidats à l'émigration dans des conteneurs vides.

Selon le journal arabophone Ennahar, l'affaire a éclaté le 17 mai 2024 lorsque les autorités portuaires ont découvert quatre personnes cachées dans un conteneur à bord du navire commercial algérien "Djanet", alors en partance. Les individus interceptés ont été identifiés comme étant B.R, B.A, A.A.I et D.B.M. Tous ont été immédiatement placés en garde à vue et interrogés.

Les investigations ont rapidement mis en lumière l'implication d'un réseau organisé exploitant les infrastructures portuaires. Les enquêteurs ont notamment découvert que les conteneurs utilisés avaient été spécialement aménagés pour permettre aux migrants, appelés localement "harraga", de supporter le voyage dans des conditions extrêmement précaires.

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Le principal accusé, W.M, occupait un poste clé au sein de la direction de manutention du port d'Alger. Selon les éléments du dossier, il profitait de sa position et de ses connaissances des procédures portuaires pour faciliter les départs illégaux. Son mode opératoire consistait à dissimuler les migrants dans des conteneurs vides avant leur chargement sur les navires, opération qu'il réalisait principalement durant ses quarts de nuit.

Un récidiviste au port d’Alger

Les preuves recueillies ont révélé que le réseau fournissait aux migrants de la nourriture et de l'eau pour leur permettre de supporter le voyage dans les conteneurs. Cette organisation démontrait une certaine sophistication et une connaissance approfondie des rouages portuaires.

L'enquête a révélé un fait particulièrement troublant : W.M. avait déjà été condamné en 2013 à cinq ans de prison pour des faits identiques. Après avoir purgé sa peine, il avait été réintégré dans ses fonctions au port d'Alger, pour finalement récidiver peu après son affectation à la direction de manutention.

Cette récidive a pesé lourd dans le réquisitoire du procureur, qui a demandé une peine de dix ans de prison ferme accompagnée d'une amende d'un million de dinars. Le tribunal a finalement opté pour une peine de cinq ans de prison ferme, soit la même que celle prononcée lors de sa première condamnation.

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Implication plus large

Les enquêteurs ont déployé des moyens importants pour établir les responsabilités. L'analyse des relevés téléphoniques a révélé plusieurs communications entre W.M et les quatre harraga interceptés. Ces éléments ont été déterminants pour établir les liens entre l'employé du port et les candidats à l'émigration clandestine.

Initialement, W.M avait nié toute relation avec les personnes interceptées. Confronté aux preuves, il a finalement reconnu connaître l'un d'eux, B.R, originaire de Jijel. Il a expliqué qu'ils se fréquentaient au marché noir "Dalala" et que ce dernier lui avait demandé de l'aider à quitter le pays illégalement. L'accusé a cependant affirmé avoir refusé cette demande, invoquant son précédent séjour en prison.

L'enquête a également mis en cause le frère de l'accusé, W.Y, soupçonné d'avoir participé à l'organisation des départs clandestins. Cependant, les preuves à son encontre se sont révélées insuffisantes pour aboutir à une inculpation.


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