Ce pays Schengen annonce l’expulsion massive de sans-papiers

Le Portugal, membre de l’espace Schengen, a pris la décision de procéder à une expulsion massive de ressortissants étrangers vivant sur son territoire sans autorisation légale. Cette annonce a été faite dans un contexte politique tendu, à quelques jours des élections législatives anticipées, prévues le 18 mai 2025.

Selon Euronews, le gouvernement intérimaire portugais a annoncé, samedi 3 mai, son intention d'expulser environ 18'000 étrangers en situation irrégulière sur son territoire. António Leitão Amaro, ministre de la Présidence, a précisé que les autorités commenceront par notifier 4500 sans-papiers la semaine prochaine, leur donnant 20 jours pour quitter volontairement le pays. Cette opération s'inscrit dans le cadre d'une réforme du système d'expulsion que le ministre juge défaillant.

Cette annonce d’expulsion massive de sans-papiers intervient à moins de deux semaines des élections législatives anticipées du 18 mai 2025. Le gouvernement minoritaire de Luis Montenegro, au pouvoir depuis moins d'un an, a été renversé en mars après un vote de défiance au Parlement. La coalition au pouvoir ne disposait que de 80 sièges sur 230, face à une opposition unie des socialistes et du parti d'extrême droite Chega. Cette crise marque la période la plus instable que connaît le Portugal depuis sa transition démocratique en 1974.

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Une mesure aux motivations électorales dans ce pays Schengen

Le ministre Leitão Amaro justifie cette décision en soulignant que le Portugal figure parmi les trois pays européens de l'espace Schengen procédant à moins d'expulsions. Cependant, les observateurs y voient également une manœuvre électorale, alors que le parti d'extrême droite Chega, favorable à une politique migratoire restrictive, a gagné du terrain ces dernières années. Le timing de cette annonce, à l'approche des élections, alimente les spéculations sur ses véritables motivations.

Cette opération d'expulsion massive pose plusieurs questions pratiques et éthiques. D'une part, sa mise en œuvre concrète par un gouvernement intérimaire semble difficile avant les élections. D'autre part, elle intervient alors que le Portugal, un pays de l'espace Schengen, bénéficie de 22 milliards d'euros de fonds européens pour relancer son économie. Les analystes s'interrogent sur l'impact de cette décision sur l'image internationale du pays et sur ses relations avec ses partenaires européens, à un moment où la question migratoire divise profondément l'UE.


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