Visas Schengen : les Algériens ont perdu 15,7 millions d’euros en 2024

En 2024, Algériens ont été la nationalité la plus touchée par les refus de visas Schengen, engendrant des pertes financières considérables. Selon les dernières statistiques, près de 185 000 demandes de visas Schengen déposées par les Algériens ont été rejetées, représentant un manque à gagner de 15,7 millions d’euros, soit un record mondial. Cette situation reflète les difficultés croissantes auxquelles font face les ressortissants algériens pour se rendre dans l’espace européen.

Les demandes de visas Schengen ont atteint un niveau record avec 11,7 millions de dossiers déposés en 2024, soit une augmentation de 13,4 % par rapport à 2023, rapporte ce jeudi 22 mai le média Schengen News. Cette hausse s’est accompagnée d’une progression du nombre de refus, passant de 1,6 million à 1,7 million en un an. Les pays africains, dont l’Algérie, ont été particulièrement affectés, cumulant des pertes financières importantes liées aux frais de dossier non remboursables.

L’Union européenne a encaissé près d’un milliard d’euros (995,9 millions) en frais de demandes de visa cette année, en partie grâce à l’augmentation des tarifs appliquée depuis juin 2024. Le coût moyen d’une demande s’élève désormais à 85 €, contre 80 € auparavant, ce qui a encore alourdi la facture pour les candidats déboutés.

Immigration Titre de séjour en France : des demandes déposées en 2022 toujours pas instruites en 2026

Visas Schengen : l’Algérie est le pays le plus impacté par les refus

Avec 544 634 demandes déposées, l'Algérie se classe au sixième rang des nationalités les plus actives en matière de demandes de visas Schengen, ayant engendré 46,3 millions d'euros de dépenses en frais de visa. Cependant, le taux de rejet y est particulièrement élevé, avec 185 101 refus enregistrés, ce qui représente une perte de 15,7 millions d'euros pour les demandeurs algériens.

Ce montant place l’Algérie en première position des pertes financières dues aux refus, devant la Turquie (14,5 millions d'euros), l’Inde (14 millions) et le Maroc (9,8 millions). La France, l’Espagne et l’Allemagne, principales destinations demandées, sont également celles qui rejettent le plus de dossiers. À elles seules, ces trois nations ont généré plus de 79 millions d’euros de frais liés aux visas refusés en 2024.

Les chiffres montrent une détérioration continue de la situation pour les candidats africains. En 2023, les pertes dues aux refus s’élevaient à 130 millions d’euros pour l’ensemble des demandeurs. En 2024, ce montant a grimpé à 145 millions, soit une augmentation de 11 %. Bien que la proportion des rejets par rapport au total des demandes ait légèrement baissé (passant de 15,8 % à 14,5 %), le nombre absolu de refus et leur coût financier restent préoccupants.

Des conséquences économiques et humaines

Parmi les autres pays fortement impactés figurent la Chine (6,8 millions d’euros perdus), la Russie (3,8 millions) et l’Arabie saoudite (2,5 millions). Les ressortissants des Émirats arabes unis ont également subi des pertes significatives, avec 5,2 millions d’euros engloutis dans des demandes infructueuses.

Immigration Résidence au Portugal : combien faut-il investir pour obtenir le Golden Visa en 2026 ?

Au-delà des chiffres, ces refus massifs ont un impact tangible sur les familles et les professionnels qui voient leurs projets entravés. Les frais engagés, souvent élevés pour les ménages modestes, ne sont pas remboursés, même en cas de rejet. Cette situation alimente un sentiment de frustration, notamment parmi les candidats africains, qui représentent une part disproportionnée des dossiers refusés.

Alors que l’UE justifie ces restrictions par des motifs sécuritaires et migratoires, les critiques s’amplifient quant à l’équité du système. Les associations dénoncent régulièrement des procédures opaques et des critères de sélection parfois discriminatoires.


Vous aimez cet article ? Partagez !