Une délégation de patrons français en Algérie pour relancer la coopération économique

Dans un contexte diplomatique glacial entre la France et l'Algérie, une délégation d'entrepreneurs français a effectué récemment une visite notable à Alger. Cette mission économique tente de rétablir des liens commerciaux gravement affectés par près d'un an de tensions politiques.

Selon le journal Echourouk, environ vingt entreprises françaises ont participé aux « Journées de l'industrie » organisées mardi 17 juin 2025 à Alger, événement qui a rassemblé également plus de 150 sociétés algériennes. Cette rencontre, facilitée par la Chambre de commerce et d'industrie algéro-française, constitue le premier contact commercial significatif entre les deux pays depuis six mois.

Cette reprise timide des échanges économiques entre l’Algérie et la France survient malgré une crise diplomatique persistante depuis juillet 2024, principalement liée au positionnement français sur la question du Sahara occidental. Les tensions avaient culminé en avril 2025 avec l'annulation successive de visites officielles des deux côtés.

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Les répercussions commerciales sont significatives : les exportations françaises vers l'Algérie ont chuté entre 18 et 25% au premier trimestre 2025 selon les données douanières françaises, passant sous le seuil symbolique du milliard d'euros. Le secteur céréalier est particulièrement affecté, avec deux exclusions consécutives de la France des appels d'offres algériens pour l'importation de blé.

Algérie-France : vers une normalisation économique ?

Certains analystes interprètent cette participation française comme le signe avant-coureur d'une normalisation progressive. La présence conjointe d'entreprises publiques algériennes et de groupes français lors de cet événement alimente cet espoir de rapprochement.

Cependant, comme le souligne de nombreux observateurs, la méfiance demeure importante en Algérie envers les investisseurs français, souvent perçus comme privilégiant les profits immédiats plutôt que le développement industriel local. Le cas de l'usine Renault à Oran, dont les investissements sont jugés modestes comparés à ceux réalisés au Maroc, reste emblématique de ces critiques.

Au-delà du contexte politique, les défis commerciaux restent substantiels. Plusieurs entreprises françaises établies en Algérie rapportent être progressivement évincées des marchés publics au profit de concurrents espagnols ou italiens, selon des témoignages recueillis lors de cette rencontre à Alger.

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