Un étudiant algérien en droit de 25 ans porte plainte pour violences policières après une interpellation traumatisante survenue dans la nuit du 10 au 11 avril 2025 à Drancy (Seine-Saint-Denis). Adil, arrivé d'Algérie en 2023 pour poursuivre ses études, dénonce des actes de violence physique, sexuelle et des propos racistes lors de cette intervention qui a bouleversé sa vie.
Le drame commence vers 23 heures alors qu'Adil rentre d'une soirée entre amis. Cinq policiers en civil l'interpellent pour un contrôle d'identité. Le jeune homme, méfiant face à des agents ne portant ni uniforme ni brassard, demande à voir leurs insignes. "Un m'a montré son arme, mais il n'y a pas que la police qui porte des armes", raconte-t-il au média français StreetPress. La situation dégénère lorsque les policiers examinent son permis de conduire algérien.
Selon la plainte déposée le 3 juin 2025 auprès du procureur de Bobigny, les agents auraient alors tenté une fouille intrusive. "Ils ont voulu me pencher en avant pour mettre leurs mains à l'intérieur de mon caleçon", témoigne Adil. Le jeune homme se retrouve plaqué au sol, le visage écrasé par la jambe d'un policier. Dans un réflexe de survie, il mord l'agent à la jambe avant de recevoir des décharges de taser et des coups répétés.
Des violences aggravées au commissariat
Transporté au commissariat de Drancy, Adil subit de nouvelles humiliations. Menotté de façon excessive, il est contraint de rester à genoux jusqu'à perdre toute sensation dans les mains. "T'es pas chez toi ici", "Tu n'auras pas de kebab" : les insultes racistes et islamophobes pleuvent selon sa plainte. Déshabillé en boxer, il est placé en cellule sans couverture pendant plus de 12 heures avant d'être finalement conduit à l'Unité médico-judiciaire de Bondy.
Le médecin légiste constate de multiples lésions : ecchymoses au visage, érosions sur le corps, et diagnostique 10 jours d'incapacité totale de travail. Dans son rapport, il note que "l'examen physique et l'état psychique constatés s'avèrent compatibles avec les faits allégués". Une conclusion qui conforte les accusations de l'étudiant algérien et de son avocate, Maître Louise Paris.
Une affaire aux contours troubles
L'enquête prend une tournure étrange lorsque la procédure pour "outrage et rébellion" ouverte contre Adil disparaît mystérieusement. Le parquet de Bobigny affirme n'avoir aucune trace du dossier, tout comme les commissariats de Drancy et Bobigny contactés par Maître Paris. Pourtant, les policiers avaient informé Adil du classement sans suite de cette procédure.
L'étudiant a saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) le 30 avril 2025 pour dénoncer ces violences. Deux témoins ont confirmé avoir vu la scène, dont l'un rapporte les propos d'un policier : "Rentre chez ta mère t'as rien à faire ici". Une vidéo filmée par un riverain montre également l'interpellation violente.
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Un traumatisme profond
Un mois après les faits, Adil reste profondément marqué par cette expérience. Ses nuits sont envahies de cauchemars, le forçant à consommer de l'alcool pour trouver le sommeil. Il s'est coupé les cheveux pour changer d'apparence, craignant des représailles. "Désormais, dès qu'il croise un agent en uniforme dans la rue, il craint 'une menace'", rapporte le média français.
Arrivé en France avec l'image d'un "pays de droit, de liberté, d'égalité et de fraternité", Adil a vu ses illusions s'effondrer cette nuit d'avril. Son cas relance le débat sur les contrôles au faciès et les violences policières, alors que la plainte suit son cours judiciaire. L'étudiant algérien espère désormais obtenir justice et pouvoir soigner ses traumatismes physiques et psychologiques.
Adil, étudiant algérien en droit, a été contrôlé puis interpellé par la police, à 23 heures dans une rue de Drancy. Il dénonce des violences physiques et sexuelles dans la rue, pendant son transport, et au commissariat. Il a déposé plainte.https://t.co/QTwiFAajd0 pic.twitter.com/aNqPf2KB2f
— StreetPress (@streetpress) June 19, 2025
