Fraude au passeport algérien : comment des Syriens ont manipulé le système

Une fraude d’envergure concernant la délivrance de passeports algériens et de cartes d’identité biométriques a été mise à jour, impliquant des ressortissants syriens et plusieurs fonctionnaires municipaux algériens. Cette affaire, révélée en février 2024, sera jugée le 3 aout prochain, au tribunal d'Alger, rapporte le quotidien Ennahar. 

L’enquête a débuté après une plainte déposée par un responsable du service des documents biométriques à la municipalité de Djelfa, alertant sur des irrégularités dans la délivrance de documents d’identité. Des fonctionnaires municipaux ont été accusés d’avoir facilité la falsification de passeports algériens et de cartes d’identité biométriques au profit de ressortissants syriens. Ces derniers ont réussi à obtenir ces documents sans avoir à fournir les pièces justificatives requises, notamment un certificat de nationalité algérienne.

L’affaire a pris de l'ampleur lorsqu’il a été révélé que la fraude concernait non seulement des adultes mais également des enfants syriens, dont certains étaient mineurs. Le système de délivrance de documents a été manipulé pour contourner les contrôles légaux, permettant à des étrangers d'obtenir des documents officiels en toute illégalité.

Faits-divers Mariage refusé en France : un couple franco-algérien se marie en Algérie

Les méthodes utilisées pour falsifier les documents

Les enquêteurs ont rapidement découvert plusieurs techniques de falsification. L’un des principaux moyens utilisés a été la modification des empreintes digitales. Un employé de la municipalité a été accusé d’avoir remplacé les empreintes de demandeurs syriens par les siennes, notamment dans le dossier d’un enfant. De plus, des annotations suspectes ont été retrouvées sur les demandes de cartes d’identité biométriques et de passeports algériens, indiquant que certains fonctionnaires avaient manipulé les dossiers pour accélérer leur traitement.

Cette falsification a permis à des Syriens de recevoir des documents algériens sans respecter les procédures légales. En outre, la fraude a concerné principalement des enfants, avec des mineurs âgés de 6 à 15 ans qui ont obtenu des cartes d’identité et des passeports sans avoir à fournir de preuves de leur nationalité algérienne.

Implication de fonctionnaires municipaux

L’enquête a mis en lumière la responsabilité de plusieurs employés municipaux dans cette fraude. Ceux-ci ont utilisé leur accès au système de gestion des documents biométriques pour délivrer des passeports algériens à des personnes non éligibles. Les fonctionnaires impliqués ont manipulé les bases de données afin de supprimer les informations légales requises, facilitant ainsi l’obtention de documents pour des ressortissants syriens.

Cette fraude a également mis en évidence des failles dans le système administratif de gestion des documents biométriques. En supprimant certaines vérifications et en contournant les procédures de contrôle, ces fonctionnaires ont permis à des Syriens de vivre légalement en Algérie avec des documents falsifiés.

Faits-divers Aéroport d'Alger : un avion présidentiel fait un arrêt technique

Réseau international

L’affaire va au-delà des frontières algériennes, car elle implique également des ressortissants syriens. Quatre Syriens ont été placés sous contrôle judiciaire, tandis qu’un autre a été mis en détention. Ces personnes ont facilité la manipulation des dossiers en fournissant de fausses informations ou en collaborant avec les fonctionnaires pour accélérer la procédure.

L’enquête a révélé que ce réseau de fraude fonctionnait depuis plusieurs mois et qu’il était bien organisé. Plusieurs passeports algériens et cartes d’identité biométriques ont été délivrés en toute illégalité, permettant à ces ressortissants syriens de bénéficier de documents officiels sans respecter les exigences légales.


Vous aimez cet article ? Partagez !