En Grèce, une mère algérienne accusée d'avoir tué sa propre fille de 3 ans

Les autorités grecques ont mis en examen une femme de nationalité algérienne pour homicide volontaire avec préméditation, après la découverte du corps de sa fille de 3 ans sur la plage d’Eden, à Palaio Faliro, dans le sud d’Athènes. L’affaire a révélé une série d’éléments matériels, de précédents judiciaires et de faits troublants relevés par l’enquête.

Le 26 juillet, vers 2 h du matin, les garde-côtes sont alertés par un passant qui découvre le corps d’une fillette sur le sable. L’enfant, en maillot de bain, ne présente aucun signe de vie. Le rapport médico-légal établit rapidement la cause du décès : noyade avec inhalation de sable.

Mais les légistes notent également de nombreuses contusions au niveau du visage, du crâne, des lèvres et des membres supérieurs. Ces blessures, incompatibles avec une simple chute, orientent les enquêteurs vers un scénario impliquant des violences antérieures au décès.

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Une suspecte en situation irrégulière

La mère de l’enfant, âgée de 32 ans et de nationalité algérienne, a été identifiée grâce aux images de vidéosurveillance. Sur ces images, elle apparaît le samedi 26 juillet à 21 h 30 dans les rues de Palaio Faliro, poussant une poussette contenant la victime, accompagnée de ses deux autres enfants. À 2 h du matin, elle est filmée seule avec les deux aînés, sans la fillette.

Son parcours migratoire montre qu’elle est entrée en Grèce début 2020. Sa demande d’asile a été rejetée deux fois, en 2021 puis en 2022. Une nouvelle procédure, introduite en avril 2025, a été classée sans suite le 22 juillet pour retrait implicite. Elle vivait donc sans titre de séjour au moment des faits.

Elle résidait dans un appartement du quartier de Kato Patissia, avec un homme grec de 75 ans. Son entourage la décrit comme isolée, peu intégrée dans le voisinage.

Des antécédents de mise en danger

En 2022, la suspecte avait déjà été signalée aux services de protection de l’enfance. Elle avait laissé seul un de ses enfants, âgé de 2 ans à l’époque, dans les parties communes de l’immeuble. Une procédure de mise en danger avait été ouverte, mais classée sans mesure de placement par le parquet.

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Ce précédent, combiné à son statut administratif irrégulier, avait réduit sa visibilité dans les dispositifs sociaux et de contrôle.

Une version des faits incohérente

Interpellée le 1er août, la mère algérienne a présenté plusieurs versions contradictoires lors de son interrogatoire. Elle a d’abord évoqué une chute accidentelle dans la salle de bains, puis une noyade à la mer. Elle a déclaré que la fillette, souffrant selon elle de troubles digestifs, avait perdu connaissance, et qu’elle avait paniqué, craignant d’être arrêtée et de perdre la garde des deux autres enfants.

L’analyse des vidéos, le comportement suspect de la suspecte (vêtements portés à l’envers, tentative de dissimulation du visage de la fillette) et le choix de déposer le corps sur la plage sans appeler les secours contredisent ses déclarations. Les enquêteurs considèrent que l’hypothèse d’un abandon volontaire, voire d’un acte prémédité, est la plus probable à ce stade.

Un témoignage clé d'un touriste

L’identification de la suspecte a été accélérée grâce à un témoignage déterminant. Un touriste a permis aux enquêteurs de localiser le chauffeur de taxi qui avait transporté la mère et ses enfants après les faits. L’homme a indiqué les avoir déposés dans le quartier de Patissia. Une surveillance discrète a été mise en place.

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Le 2 août au matin, la mère a été arrêtée à la sortie de son immeuble, en compagnie de ses enfants. Les policiers ont agi sans usage de force, dans un souci de protection des mineurs. Des vêtements portés le soir du drame ont été retrouvés dans des buissons proches du domicile, suggérant une tentative d’effacer les preuves.

Les autres enfants placés sous observation

Les deux enfants âgés de 4 et 5 ans sont désormais suivis par des psychologues spécialisés. Leur jeune âge limite la portée de leur témoignage, mais ils pourraient fournir des éléments permettant de reconstituer les faits.

Le père, également algérien, est actuellement recherché. Âgé de 43 ans, il présente un casier judiciaire pour vol aggravé, usage de stupéfiants et violences domestiques. Il n’est plus localisé sur le territoire grec depuis plusieurs mois.

La procédure judiciaire se poursuit sous l’autorité d’un magistrat instructeur. La mère algérienne reste en détention provisoire. Les chefs d’inculpation retenus portent sur homicide volontaire avec préméditation et maltraitance habituelle sur mineurs.

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