Un père algérien empêche le retour de ses enfants au Canada

Deux enfants emmenés en Algérie par leur père en 2024 ne sont toujours pas revenus au Canada. Depuis, les démarches judiciaires se poursuivent devant la Cour du Québec, au palais de justice de Trois-Rivières, sans qu’une solution concrète ait encore été mise en place pour organiser leur retour.

Selon le site canadien La Tribune, au début du mois de février 2026, une avancée semblait possible. Le père, reconnu coupable d’enlèvement, avait accepté de signer un document autorisant la mère à voyager avec les enfants pour quitter l’Algérie. Dans ce pays, ce type d’autorisation est requis pour permettre à des mineurs de sortir du territoire.

Mais cette étape n’a pas suffi. Pour être valide, le document devait être confirmé par le Consulat algérien. Lors d’une visite au centre de détention de Trois-Rivières le 13 février, en présence de représentants consulaires et de la Sûreté du Québec, le père a refusé de procéder à cette validation. Dans le même temps, il a aussi refusé de signer les documents nécessaires à l’émission de nouveaux passeports algériens pour les enfants.

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Selon les informations transmises par Me Julien Beauchamp-Laliberté, procureur du Directeur des poursuites criminelles et pénales, les passeports seraient toujours en Algérie. Le ministère public demande donc au tribunal d’obliger le père à confirmer son accord, à faire retourner les passeports aux autorités et à indiquer où se trouvent précisément les enfants.

Une situation bloquée sur le terrain

D’après les éléments présentés en cour, les enfants seraient actuellement pris en charge par un membre de la famille du père en Algérie. Leur localisation exacte n’est pas connue. La personne qui les héberge refuserait de donner des informations, en respectant les consignes du père.

Ce manque de détails complique les démarches entreprises par les autorités. Sans adresse précise, il est difficile d’organiser un retour ou même d’envisager une intervention. Le juge Jacques Trudel a rappelé que la priorité reste le retour des enfants au Canada, sans s’attarder à ce stade sur d’éventuelles situations futures.

Les questions soulevées par la défense

De son côté, l’avocat du père, Me Nabil Ben-Naoum, a demandé un délai pour examiner de nouveaux documents ajoutés au dossier. Il a également soulevé des interrogations concernant la situation de la mère, qui se trouverait au Maroc selon certaines informations.

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Il a déclaré : « Qu’en est-il de la mère? On avait comme information qu’elle était au Maroc, quel est son statut là-bas, pour que monsieur puisse consentir aux demandes qui sont faites. Il a des responsabilités non seulement ici, mais aussi vis-à-vis l’État algérien de ne pas laisser ses enfants dans une situation, sans aller jusqu’à dire dangereuse, mais d’illégalité. Est-ce qu’ils vont aller au Maroc ensuite? Quel serait leur statut là-bas? Ce serait une demande de complément de preuve qui serait faite. » Ces éléments sont avancés pour expliquer les réticences du père à donner suite aux demandes formulées.

Des contacts très limités avec la mère

Au cours de l’audience, le père a pris la parole pendant environ une heure. Il a évoqué ses conditions de détention, affirmant avoir subi de la violence psychologique et physique. Il a aussi exprimé des inquiétudes quant à la possibilité que les enfants soient emmenés dans un autre pays.

Un sergent de la Sûreté du Québec est également intervenu pour détailler les démarches réalisées auprès du Consulat algérien. Il a indiqué qu’un représentant consulaire lui avait confirmé le refus du père de signer les documents, en précisant qu’il souhaitait consulter un avocat avant de prendre une décision.

Selon les informations recueillies par la police auprès de la mère, celle-ci n’a pas revu ses enfants en personne depuis 2024. Les échanges se limitent à des appels vidéo, qui ont lieu moins d’une fois par mois. Le dossier doit revenir devant la Cour du Québec dans les prochains jours, alors que les autorités poursuivent leurs démarches pour tenter de débloquer la situation.

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