Port de Marseille : plus de 900 voitures volées en Europe expédiées vers l’Algérie

Entre mai 2024 et mai 2025, plus de 900 voitures ont été frauduleusement exportés depuis le port de Marseille à destination de l’Algérie. Un trafic organisé, impliquant des locations en Europe et des maquillages en France, a été démantelé par les services enquêteurs.

En mai 2025, la brigade des atteintes aux biens de la Division de la criminalité territoriale (DCT) des Bouches-du-Rhône a mis fin aux activités d’un réseau spécialisé dans l’exportation de véhicules volés. L’enquête a permis d’identifier 904 véhicules, principalement des berlines allemandes de marques Audi, BMW et Mercedes-Benz, exportés vers l’Algérie via le Grand port maritime de Marseille.

Le préjudice total pour les sociétés de location et les compagnies d’assurance a été évalué à 29,7 millions d’euros. L’opération a été menée en collaboration avec l’organisme professionnel de l’assurance GIE Argos et plusieurs réseaux de loueurs de courte durée, rapporte La Provence.

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Un mode opératoire articulé entre l’Allemagne, la France et l’Algérie

Selon les éléments de l’enquête, les véhicules n’étaient pas dérobés en France. Ils étaient loués en Europe, principalement en Allemagne, dans les villes de Francfort, Munich et Berlin. Des intermédiaires, qualifiés de « petites mains » par les enquêteurs, effectuaient les locations avant de conduire les véhicules jusqu’en France.

À Marseille et dans sa périphérie, des garages situés dans les 3e, 14e et 15e arrondissements changeaient les plaques d’immatriculation et retiraient les traceurs GPS. Une fois maquillés, les véhicules étaient dirigés vers les ferries à destination d’Alger. La Police aux frontières (PAF) a indiqué que cette organisation utilisait des documents falsifiés pour les déclarations d’embarquement.

Marseille, un point de passage utilisé par les réseaux

Le Grand port maritime de Marseille a été identifié comme le point de départ de 904 des véhicules exportés entre mai 2024 et mai 2025. Les enquêteurs ont relevé que, contrairement aux ports de Gênes en Italie et de Barcelone en Espagne, les contrôles sur les embarcations de passagers à Marseille ont longtemps été moins systématiques.

L’Algérie constituait la destination finale des véhicules. Un responsable du réseau de loueurs interrogé par les enquêteurs a déclaré que l’absence de filiales de suivi en Algérie, contrairement au Maroc et à la Tunisie, facilitait l’écoulement des véhicules sans traçabilité.

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Une vigilance maintenue par la Police aux frontières en 2026

Début janvier 2026, un réseau de loueurs de courte durée a signalé aux services de police la disparition de 120 véhicules en deux ans, avec une dernière géolocalisation enregistrée à Marseille. Le préjudice pour ces seules agences a été estimé à 3,5 millions d’euros.

Le 24 mars 2026, la Police aux frontières a intercepté quatre véhicules maquillés sur le terminal des ferries du port de Marseille. Il s’agissait d’une Volkswagen Tayron immatriculée en Allemagne, d’une Golf, d’une Clio et d’une Peugeot 3008. Les quatre conducteurs, ressortissants algériens âgés de 24 à 37 ans, ont été placés en garde à vue. La PAF a précisé que les véhicules devaient embarquer à bord du ferry Jean Nicoli à destination d’Alger.


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