Des offres de mariage, des promesses d’emploi à l’étranger, des cadeaux annoncés comme déjà envoyés… À Sétif, une affaire d’escroquerie en ligne contre des Algériens met en lumière des méthodes devenues récurrentes sur les réseaux sociaux et les messageries privées.
Selon les éléments rapportés par Ennahar, la Sûreté de wilaya de Sétif a annoncé que plusieurs personnes sont soupçonnées dans une affaire de constitution d’un groupe criminel organisé, à structure définie et à caractère transnational. Les mis en cause auraient utilisé de fausses annonces liées au mariage, au travail et à l’émigration pour convaincre leurs victimes, des Algériens, de verser de l’argent.
Arnaque à l’étranger en Algérie : ce que révèle l’affaire de Sétif
L’affaire signalée à Sétif repose sur un schéma désormais bien connu des services de lutte contre la cybercriminalité : attirer des victimes par des promesses crédibles en apparence, puis créer une pression financière progressive. Les suspects auraient créé des comptes sur différentes plateformes électroniques proposant des offres de mariage, de travail ou d’émigration vers l’étranger. Ces comptes étaient gérés par des ressortissants étrangers ou présentés comme tels.
Le contact avec les victimes se faisait ensuite via WhatsApp, à partir de numéros associés à des pays étrangers. Cette étape est centrale dans le mécanisme de l’arnaque : le numéro étranger donne une apparence d’authenticité à l’offre, surtout lorsqu’elle concerne un emploi, un mariage gris ou une installation hors du pays.
Les victimes étaient alors persuadées qu’elles pouvaient bénéficier d’une opportunité réelle : mariage avec une personne résidant à l’étranger, emploi hors d’Algérie, aide à l’émigration ou réception de cadeaux de valeur. Une fois la confiance installée, les escrocs présumés demandaient le paiement de sommes importantes sous prétexte de frais de douane, d’expédition, de livraison ou de formalités administratives.
Selon les informations disponibles, les versements étaient effectués vers des comptes postaux appartenant à des citoyens algériens. Les enquêteurs évoquent aussi l’intervention de personnes se présentant comme des employés de consulats étrangers en Algérie, ce qui renforçait la crédibilité du scénario auprès des victimes.
Faux emplois, faux mariages et usurpation : une méthode bien rodée
Ce type d’arnaque fonctionne parce qu’il exploite trois leviers sensibles disponibles chez les Algériens : le désir de partir à l’étranger, la recherche d’un emploi stable et la confiance affective. Dans de nombreux cas, la victime ne répond pas seulement à une annonce, elle entre dans une relation de dialogue, parfois pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines.
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Le piège est souvent progressif. D’abord, l’offre semble accessible. Ensuite, l’interlocuteur fournit des détails : pays de destination, démarches supposées, promesse d’hébergement, contrat de travail, cadeau envoyé, contact consulaire fictif. Enfin, l’argent est demandé par petites ou grosses sommes, avec une justification présentée comme urgente.
Dans l’affaire de Sétif, les qualifications citées sont lourdes : constitution d’un groupe criminel organisé, escroquerie visant plus de trois personnes, blanchiment d’argent et usurpation d’identité. Ces éléments montrent que l’affaire ne se limite pas à de simples messages frauduleux isolés. Les autorités soupçonnent une organisation structurée, utilisant des relais, des comptes et des identités multiples.
