Algérie-France : la confiance entre Tebboune et Macron est rompue, selon un ex-ministre

La relation entre la France et l’Algérie traverse une phase de tension durable, marquée par des divergences politiques et diplomatiques sur plusieurs dossiers. En ce moment, elle se trouve cependant dans une période d'apaisement, suite au départ de l'ancien ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau.

Dans un entretien accordé à France 24 et repris par plusieurs médias, l’ancien ministre algérien Abdelaziz Rahabi estime que la confiance entre les présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron est « rompue », particulièrement sur la question du Sahara occidental. Il évoque des désaccords profonds liés aux choix diplomatiques récents et à la gestion des relations bilatérales.

« Je pense que la confiance entre les deux chefs d’État est rompue sur cette question », a estimé l'ancien diplomate et ancien ministre de la Communication, en évoquant la reconnaissance par Emmanuel Macron de la marocanité du Sahara occidental, un certain 30 juillet 2024.

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Relations franco-algériennes marquées par des tensions récentes

Les échanges entre Paris et Alger se sont tendus ces derniers mois sur fond de désaccords politiques et de crispations diplomatiques. Abdelaziz Rahabi, interrogé par France 24, considère que la dynamique actuelle est influencée par une approche fragmentée de la relation bilatérale. Il estime que certaines décisions françaises ont contribué à détériorer le climat de confiance, notamment sur les questions sécuritaires et migratoires.

L’ancien responsable algérien souligne également que la relation reste trop centrée sur des dossiers techniques, au détriment d’une vision stratégique plus large. Cette lecture est partagée dans plusieurs analyses médiatiques, qui évoquent une succession de tensions entre les deux capitales depuis 2024.

Désaccords sur le Sahara occidental et la dimension diplomatique

Le point de rupture évoqué par Abdelaziz Rahabi concerne notamment la position française sur le Sahara occidental. Selon lui, la décision d’Emmanuel Macron de soutenir la souveraineté marocaine sur ce dossier a profondément affecté la confiance entre les deux chefs d’État. Il considère que ce choix a modifié l’équilibre diplomatique régional et réduit les marges de dialogue entre Alger et Paris.

L’ancien ministre évoque aussi le rôle des responsables français de l’Intérieur, estimant que certaines orientations ont contribué à durcir les relations sur les questions migratoires.

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Sur la question mémorielle, il affirme que celle-ci ne constitue pas un obstacle structurel, mais reste un sujet régulièrement instrumentalisé dans le débat public. « L'Algérie n’a jamais demandé, pas une seule fois, à la France de se repentir sur son passé colonial », précise Rahabi dans le même entretien, estimant que « l’aspect global de la question de la mémoire, c’est de dire que la France reconnaît les crimes commis par la colonisation » et que « la mémoire ne constitue pas du tout un frein aux relations ».

Appel à une coopération globale au-delà des dossiers sensibles

Dans ses déclarations, Abdelaziz Rahabi plaide pour une relance de la relation franco-algérienne sur une base plus large, incluant les dimensions économiques, scientifiques et technologiques. Il estime que la focalisation sur les enjeux sécuritaires et migratoires limite les perspectives de coopération entre les deux pays. Il appelle à dépasser les tensions conjoncturelles afin de construire un cadre d’échanges plus stable et durable. Cette approche vise, selon lui, à rétablir un dialogue structuré entre les deux capitales.

Les propos de l’ancien ministre interviennent dans un contexte de relations fluctuantes entre la France et l’Algérie, régulièrement marquées par des épisodes de tension suivis de phases d’apaisement. Plusieurs dossiers restent en suspens entre les deux pays, tandis que les canaux diplomatiques continuent de fonctionner.

Les analyses politiques soulignent une relation complexe, influencée à la fois par des enjeux historiques et par des intérêts stratégiques contemporains. Les positions exprimées illustrent des divergences persistantes dans la lecture des priorités bilatérales entre Paris et Alger, selon les analyses disponibles.

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