Méthane : l'Algérie s'associe à 3 pays pour l'interpeller l'Europe

L’Algérie a signé une lettre ouverte conjointe avec trois autres pays producteurs d’énergie afin de demander une révision du règlement européen sur les émissions de méthane. Cette initiative s’adresse aux principales institutions de l’Union européenne et intervient dans un contexte de discussions sur l’encadrement environnemental des importations d’hydrocarbures.

Le document commun a été adressé à la présidente de la Commission européenne, au président du Conseil européen ainsi qu’aux dirigeants des États membres. Selon un communiqué du ministère algérien des Hydrocarbures publié ce jeudi 25 juin 2026 sur sa page Facebook, il porte sur l’application du règlement européen sur le méthane (EUMR), dont l’entrée en vigueur progressive est prévue à partir de janvier 2027.

Une initiative conjointe avec trois partenaires

La démarche réunit l’Algérie, le Qatar, le Nigeria et les États-Unis. Ces pays représentent une part significative de la production mondiale de pétrole et de gaz et entretiennent des relations énergétiques directes avec le marché européen.

Économie Algérie-Tunisie : les échanges commerciaux bondissent de 166 % en cinq ans

Le ministère algérien des Hydrocarbures indique que cette action s’inscrit dans une logique de dialogue avec l’Union européenne. Elle vise à exprimer des préoccupations partagées sur les modalités d’application du règlement et sur ses impacts potentiels sur les échanges énergétiques internationaux.

Les signataires soulignent les difficultés liées aux exigences de mesure, de notification et de vérification des émissions de méthane, connues sous l’acronyme MRV. Selon eux, les délais actuels pourraient poser des contraintes techniques et opérationnelles pour une partie des exportations destinées à l’Europe.

Un appel à l’ajustement du cadre réglementaire

La lettre propose plusieurs pistes d’ajustement. Parmi elles figure la mise en place d’un mécanisme de suspension temporaire du calendrier d’application, souvent décrit comme un « stop the clock ». L’objectif est de permettre l’adaptation des méthodologies et des systèmes de conformité.

Économie L’Algérie exporte 26 000 tonnes de ce produit vers les États-Unis

Les signataires évoquent aussi la protection des contrats déjà conclus pendant la phase de transition réglementaire, ainsi qu’un réexamen des sanctions applicables en cas de non-conformité durant cette période. Ces demandes visent à réduire les incertitudes juridiques et contractuelles pour les opérateurs du secteur.

Sécurité des approvisionnements et équilibre réglementaire

Les pays signataires estiment que l’évolution du cadre européen doit prendre en compte la stabilité des flux énergétiques. Ils alertent sur le risque de perturbations dans l’approvisionnement en gaz et en pétrole si certaines exigences sont appliquées sans période d’adaptation suffisante.

Dans le cas de l’Algérie, le ministère met en avant les efforts déjà engagés par les opérateurs nationaux, notamment Sonatrach, pour réduire les émissions de méthane. Des investissements sont également mentionnés dans le cadre d’une stratégie de conformité progressive aux standards internationaux.

Les autorités algériennes présentent cette démarche comme un prolongement du partenariat énergétique avec l’Europe. L’objectif affiché reste le maintien d’un dialogue régulier afin de concilier les orientations environnementales européennes et les impératifs liés à la sécurité des approvisionnements.

Économie Gaz : l’Algérie renforce son rôle dans l’approvisionnement de l’Allemagne


Vous aimez cet article ? Partagez !