Le marché algérien serait derrière la faillite d'Aigle Azur. C'est ce qu'a affirmé l'ancien directeur de la compagnie française, Frantz Yvelin, qui a indiqué que « les problèmes de trésorerie liés à l’Algérie ont plombé la boîte », qui a définitivement fermé en septembre 2019.

Dans un entretien accordé au média L’Écho Touristique, l'ancien PDG d'Aigle Azur a laissé entendre que l'Algérie avait joué un rôle déterminant dans la faillite de la compagnie. « L’Algérie, c’était la plus grande force d’Aigle Azur, c’était aussi paradoxalement une grande faiblesse », a fait savoir Frantz Yvelin. Ce dernier explique, en effet, que « 30%-40% du revenu est en dinar, qui est une monnaie fermée, c’est compliqué de remonter les fonds et retourner un avion à Alger ».

L'ancien responsable a également mis en avant la mauvaise gestion de la compagnie. « Aigle Azur était la seule boîte au monde, sur des liaisons comme Marseille - Alger -45 minutes de vol-, où on servait des plats chauds. Les hôtesses courraient, déposaient les plats et les passagers n’avaient même pas le temps de les manger. C’était catastrophique ! ».

En outre, M. Yvelin a souligné que la révolte populaire en Algérie, en 2019, « a eu un impact sur le transport ». Sans oublier le fait que « l’Etat français a restreint le nombre de visas accordés aux Algériens ».

Les problèmes de trésorerie liés à l’Algérie ont achevé Aigle Azur

Selon Frantz Yvelin, en plus de tous ces problèmes, la compagnie a été victime de sa forte dépendance au marché algérien. « Ce qui a plombé la boîte, ce sont les problèmes de trésorerie liés à l’Algérie, avec des pertes accumulées depuis 2012, soit 5 ans avant mon arrivée », a-t-il estimé. Et d'ajouter : « Très vite, on se rend compte que la situation avait été sous-estimée par l’équipe précédente notamment en matière de cash de l’ordre de 5 ou 6 millions d’euros, par rapport à la réalité ».

Selon le même intervenant, Aigle Azur avait toujours eu « un problème latent de trésorerie bloquée de l’autre côté de la Méditerranée avec la banque d’Algérie et l’Etat algérien ». Néanmoins, « la France ne voulait pas trop mettre de l’huile sur le feu ».

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